La nausée de Jean-Paul Sartre met en scène le personnage perturbé, angoissé d’Antoine Roquentin ; la nausée constitue la figuration romanesque de l’existentialisme.
À travers une prise de conscience progressive commençant par un sentiment d’angoisse aboutissant un sentiment de confiance, de réappropriation de soi, cet extrait soulève des questions : quelles sont les origines de cette angoisse ? En quoi la prise de conscience de l’auteur amène-t-elle à la notion de liberté ?
Dans cette première partie, par une pensée réflexive naissante, Antoine Roquentin se demande ce qui est à l’origine du moment douloureux de son existence. Celui-ci consacre une analyse à son mal-être lui permettant donc de se poser des questions sur cette pensée qu’il a du mal à définir lui-même : « espèce de rumination douloureuse ».
Ce qui nous indique le caractère indéterminé de cette forme de pensée que l’on peut nommer spontanée. Cette pensée est présentée comme répétitive, obsédante, comme s’il subissait l’assaut de pensées qui ne lui appartiennent pas, ce qui cause son mal-être voire son angoisse ; Et pourtant il en vient à associer ces pensées au moi-sujet, mais alors, l’homme est-il l’auteur de cette rumination douloureuse ? Cette pensée est-elle volontaire ou involontaire ?
Cette analyse confère une prise de conscience : Antoine Roquentin réalise que cette pensée nous hante, nous possède par ses moments de ruminations que l’on ne maîtrise pas ; subirions-nous la pensée ? Cette prise de conscience, celle selon laquelle c’est le moi qui entretient la pensée, lui permet de comprendre un autre phénomène sur l’espèce humaine, à savoir la dissociation entre le corps et la pensée. Cela nous permet de rejeter l’idée selon laquelle la pensée sur un processus mécanique que nous subirions puisque cette dimension mécanique était associée au moi ou à l’âme. Le corps -conformément à l’approche mécaniste de Descartes qui est ici reconduite- est un mécanisme fonctionnant par la soumission aux lois de la physique la pensée.
Mais, à la manière des avancées, des reculs, des méditations cartésiennes, Antoine rechute, il éprouve à nouveau les pensées comme des corps l’envahissant. La pensée se fait difficile à maîtriser et hante l’homme.
C’est du moins ainsi qu’Antoine Roquentin commence par l’éprouver même s’il demeure dans une oscillation, résistant, puisque d’un côté il cherche à lutter contre ses pensées envahissantes qu’il éprouverait comme extérieures et le fait que les pensées ne peuve