philosophie • commentaire

Sartre, La Nausée : Existence et pensée

Publié le : • Proposé par : Johan B., TS (élève)

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Texte étudié

Cette espèce de rumination douloureuse : j’existe, c’est moi qui l’entretiens. Moi. Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c’est moi qui la continue, qui la déroule. J’existe. Je pense que j’existe. Oh, le long serpentin, ce sentiment d’exister –et je le déroule, tout doucement… Si je pouvais m’empêcher de penser ! J’essaie, je réussis : il me semble que ma tête s’emplit de fumée…et voilà que ça recommence : « Fumée…ne pas penser…Je ne veux pas penser…Je pense que je ne veux pas penser. Il ne faut pas que je pense que je ne veux pas penser. Parce que c’est encore une pensée. » On n’en finira donc jamais ?
Ma pensée c’est moi : voilà pourquoi je ne peux pas m’arrêter. J’existe parce que je pense …et je ne peux pas m’empêcher de penser. En ce moment même –c’est affreux- si j’existe, c’est parce que j’ai horreur d’exister. C’est moi, c’est moi qui me tire du néant auquel j’aspire : la haine, le dégoût d’exister, ce sont autant de manières de me faire exister, de m’enfoncer dans l’existence. Les pensées naissent par-derrière moi, comme un vertige, je les sens naître derrière ma tête…si je cède, elles vont venir là devant, entre mes yeux –et je cède toujours, la pensée grossit, grossit et la voilà, l’immense, qui me remplit tout entier et renouvelle mon existence.

Sartre, La Nausée (La Pléiade, pp.118, 119)

# commentaire de texte

Cet extrait de texte nommé "La nausée" a été écrit par Jean Paul Sartre. Celui-ci est un célèbre philosophe du X ème siècle, il est né en 1905 et mort en 1980. Il est un héritier de la philosophie Cartésienne (de Descartes). Il est aussi perçu à travers toute son œuvre comme le philosophe de la liberté.

Cet extrait de "La nausée" démontre deux thèses philosophiques qui feront donc l’objet de deux parties dans ce commentaire.

Dans un premier temps nous allons montrer la différence entre le fait d’exister et celui de vivre. Nous observerons aussi comment s’acheminent nos pensées à travers notre existence.

Ensuite, dans une seconde partie, nous analyserons comment Sartre nous prouve que les pensées nous dominent et par conséquent que les hommes sont condamnés à être libre.

Au début de cet extrait, l’auteur rend compte de la rumination douloureuse, c’est-à-dire sur le processus de la pensée comme obsédant, envahissant, comme s’il s’agissait d’un processus qui nous est étranger, qui nous aliène. Cette pensée qui l’angoisse, l’oppresse est donc comparée à "une espèce de rumination douloureuse" (I. 1) c’est son moi. Le personnage subit donc ses pensées, il est donc désaliéné de son corps en pensant. Ensuite, Sartre nous explique la différence entre le corps et l’âme, c’est-à-dire la différence entre le fait de vivre et celui d’exister. En effet, nous observons que le premier paragraphe commence par "j’existe, c’est moi qui l’entretiens", on peut donc interpréter cela en affirmant que le moi correspond à l’âme de l’homme, appelé aussi cogito chez Descartes. L’âme, nous constituerait donc en tant que personne singulière et nous permettrait donc d’exister. Ce qui s’oppose au corps qui lui est perçu comme une machine, une substance extérieure à nous, impersonnelle nous permettant simplement de répondre au besoin physiologiques.

Nous comprenons par la suite que notre âme nous permet d’exister et donc de penser. Par ailleurs, on observe dans le texte le déroulement circulaire et incessant de la pensée traduit dans cet extrait par ces phrases : "oh, le long serpentin, ce sentiment d’exister", "... et voilà que ça recommence". On constate donc que les pensées sont éternellement renouvelable. Par la suite, on sent que le personnage est rempli de confusion, I 5 "... ma tête s’emplit de fumée... ", il lutte contre ses pensées et par conséquent contre lui même : I 6. 7 "Je pense que je ne veux pas

penser. Il ne faut pas que je pense que je ne veu

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