# Explication de texte
Sartre, *La Nausée*
Il s’agit là d’un devoir tout à fait remarquable, qui manifeste un travail extrêmement sérieux et de recherche et de réflexion. Vous maîtrisez à la fois l’écriture, la pensée de Sartre et les enjeux du texte. Certes, par endroit, vous ne reconstituez pas suffisamment la logique interne du texte mais l’ensemble demeure d’excellente tenue et laisse envisager et espérer d’aussi satisfaisants devoirs à venir. 19/20.
Jean-Paul Sartre (1905-1980) est considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands intellectuels français du XXème siècle. Personnage très engagé politiquement, Sartre soutient les théories marxistes et défendra la cause communiste. Philosophe et écrivain, son œuvre s’étend à tous les domaines : essais, traités, nouvelles, romans, pièces de théâtre, articles. Parmi les plus connus on retrouve entre autre *l’Être et le Néant* (1943), *Les Mots* (1964), *Huit Clos* (1944). Chef de file du mouvement Existentialiste athée, il prône l’inexistence de Dieu, et affirme que l’Homme est seul face à sa liberté, et doit faire face à une multitude de choix, lui seul peut décider de ce qu’il veut être, et est donc entièrement responsable de lui-même.
Son premier roman, publié en 1938, *La Nausée*, considéré comme autobiographique, se présente sous la forme d’un journal intime. Antoine Roquentin, le narrateur, travaille à un ouvrage historique. Isolé et immensément seul, sa perception du monde, des choses, des êtres et de lui-même s’en trouve modifiée, ce qui provoque un profond malaise, un sentiment de dégout de l’existence, qui se manifeste par une envie de vomir : la nausée.
Sartre s’inspire largement de Descartes, qui, dans *Le Discours de la Méthode* et *Les Méditations Métaphysiques* affirme que l’on peut douter de tout, mais pas de sa pensée elle-même, puisque douter, c’est penser ; et démontre par la même occasion la distinction réelle entre l’âme et le corps de l’Homme.
Dans cet extrait, Roquentin exprime son dégout d’exister, sentiment qui l’oppresse et qu’il ne parvient pas à occulter. Une nausée perpétuelle l’assaille et le renvoi sans cesse à la répugnance de son existence.
Ce continuel mal-être le conduit à une prise de conscience douloureuse et progressive, et génère en lui une angoisse terrifiante : L’existence est indissociable de la pensée. Mais cette révélation soulève alors une question cruciale : maîtrisons-nous réellement la pensée, ou au contraire s’impose-t-elle à nous, à notre insu ? Sartre,