philosophie • dissertation • Annale bac 2015, Séries Technologiques

Peut-on être heureux sans être libre ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

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I. Analyse du sujet

C’est un sujet très classique qui croise, sans surprise, deux notions du programme : le bonheur et la liberté. Si la question du bonheur a été abordée sous cet angle en classe, ce sujet est une question de cours, et une bonne connaissance du cours peut suffire à le traiter convenablement. Si ce n’est pas le cas il faudra faire attention à l’intitulé du sujet pour ne pas dériver vers un exposé sur les manières d’être heureux, ou la possibilité de le devenir.

La question posée, « peut-on être heureux sans être libre ? », nous invite à nous demander si la liberté est une condition de possibilité du bonheur. On peut poser la question autrement : faut-il nécessairement être libre pour être heureux ?

Être heureux, c’est vivre dans un état de plénitude et de satisfaction durable. Le bonheur se distingue du plaisir car il est durable et permanent alors que le plaisir est la satisfaction ponctuelle d’un désir.

La question se pose de savoir comment atteindre le bonheur, sachant que c’est le but que se donnent les hommes en général (chacun veut être heureux). Les conceptions du bonheur peuvent varier, selon qu’on voit le bonheur comme simple état de satisfaction (dans lequel rien ne manque) ou comme succession de plaisirs, et de désirs par exemple, ou encore comme accomplissement de ses propres facultés.

Être libre c’est au sens le plus courant pouvoir faire ce que l’on veut, satisfaire ses désirs, sans contrainte. Cependant cette définition convient davantage à la notion de licence qu’à celle de liberté. On peut se demander en effet si on est vraiment libre quand on suit tous ses désirs, ou si on ne risque pas d’être esclave de ses désirs justement. Par ailleurs on oppose la liberté à la contrainte, c’est-à-dire au fait d’être forcé à agir contre sa volonté (comme l’esclave ou le prisonnier), mais aussi à la dépendance (c’est-à-dire au fait d’avoir besoin d’autre chose pour subsister, et ne pas pouvoir se suffire à soi-même, comme l’enfant) ou encore à l’aliénation, c’est-à-dire au fait de ne plus s’appartenir (comme le fou, ou l’amoureux passionné).

Pour convenablement traiter le sujet, il fallait donc tenir compte des différentes acceptions des termes « bonheur » et « liberté ».

II. Problématique

Si être heureux c’est être pleinement satisfait, et de manière durable, alors on peut imaginer qu’un enfant qui obtiendrait tout ce qu’il désire, ou qu’un homme comblé, même s’il vivait dans un endroit clos pourrait parfaitement être heureux. En

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