philosophie • dissertation • Annale bac 2015, Série ES

L’artiste donne-t-il quelque chose à comprendre ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

Document issu d’une archive PDF d’analyse d’un sujet de bac, contenant environ 600 mots.

I. L’analyse du sujet

Le sujet aborde la question de l’art au programme du point de vue de l’artiste (et non de l’œuvre ou du spectateur). Compte tenu de la formulation très ouverte (qui fait la difficulté de ce sujet) et un peu déconcertante de la question, il est indispensable de procéder à une analyse minutieuse de tous les termes afin de leur donner un/des sens plus précis. D’une part, le caractère indéterminé de la question (« quelque chose ») invite d’abord à examiner s’il y a quelque chose à comprendre avant de préciser ce qui est à comprendre ; d’autre part, le sens très ouvert du verbe « donner » implique de préciser les modalités de cette « donation ». Cette notion de don, qui suggère le caractère non mercantile de l’activité artistique, rebondit aussi sur l’objet offert : « quelque chose à comprendre » et non à consommer, quelque chose qui n’a pas la dimension éphémère du consommable mais qui subsiste à travers le temps.

Il est important de préciser ce qu’il faut entendre par « comprendre ». On pouvait convoquer la distinction traditionnelle entre expliquer qui convient aux sciences de la nature et comprendre qui renvoie aux phénomènes humains (voir Dilthey : « Nous expliquons la nature, nous comprenons la vie psychique »). L’activité de comprendre suppose aussi de prendre ensemble, donc de saisir une totalité, de situer les parties, les éléments (d’un film, d’un tableau) en relation avec un tout. Enfin, l’idée de compréhension suppose l’idée explicite, littérale ou implicite, cachée d’un sens à recevoir ou à découvrir.

Enfin, il est important de ne pas oublier de préciser que si l’artiste, en tant que créateur, donne quelque chose à comprendre, il le fait par la médiation des œuvres (tableau, morceau de musique, film, installation). Ce n’est donc pas tant l’artiste qui est à comprendre, que ses œuvres par le prisme desquelles il peut défendre certaines valeurs, exprimer une vision du monde ou transformer la réalité.

Il était important de ne pas s’en tenir à un catalogue, une énumération des « choses », du sens, des émotions ou des idées que l’artiste exprime, transmet à travers ses œuvres. Il était non moins indispensable de donner sens à la question avant de chercher à définir le « quelque chose » donné à comprendre.

II. La problématique

La thèse selon laquelle l’artiste donnerait quelque chose à comprendre n’a a priori rien de très étonnant : en tant qu’artefact, que production humaine, ses œuvres renvoient à une intention. Si l’art est

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