philosophie • dissertation

Une oeuvre d’art a-t-elle toujours un sens ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

Document issu d’une archive PDF d’analyse d’un sujet de bac et contenant environ 1200 mots.

I. L’analyse du sujet

– Il s’agit d’un sujet classique sur l’art qui ne présente pas de difficulté particulière. En dépit de la simplicité de la question, il importe toutefois d’être attentif à la façon dont elle est précisément formulée.
– C’est l’œuvre d’art dans sa singularité qui est ici en question (« une œuvre d’art » et non « l’œuvre d’art » en général). Il est donc important de prendre en compte la diversité des formes et des médiums des œuvres d’art (peinture, sculpture, musique, cinéma, art classique ou contemporain, etc.).
– De même, c’est « un sens » et non du sens que l’œuvre est susceptible de porter. L’article indéfini peut prendre ici une double signification : unité (un seul) et unicité (sens unique et non pluriel). Enfin, la présence de l’adverbe « toujours » infléchit le sens du sujet : la thèse selon laquelle « une œuvre d’art aurait toujours un sens » suggère que la présence d’un sens serait constitutive de l’œuvre d’art, que le sens constituerait un attribut essentiel de celle-ci.
– L’enjeu de ce sujet est d’interroger non seulement l’expressivité des œuvres d’art mais aussi ses modalités. Si l’œuvre possède un sens, quel est son mode de présence ?

II. La problématique

La thèse qui doit être examinée est donc : une œuvre d’art a toujours un sens.

L’œuvre d’art est un artefact, un objet d’une espèce particulière, une production humaine spécifique. A ce titre, elle est le produit d’une intention. Faut-il considérer qu’il y a équivalence entre le sens d’une œuvre d’art et l’intention qui a présidé à sa réalisation ? Mais l’artiste cherche-t-il toujours à exprimer un sens dans l’œuvre ? Le processus de création répond-il à un programme d’exécution directement articulé à la volonté d’exprimer un sens précis et déterminé à l’avance ? On peut en effet envisager que l’artiste crée sans intention de délivrer un sens, qu’il souhaite seulement donner à voir un pur jeu de formes. Dès lors, si sens il y a, est-il un sens déposé dans l’œuvre que le spectateur aurait à découvrir ou un sens que ce dernier construit dans l’expérience qu’il fait de l’œuvre ? Dans cette perspective, faut-il penser que le sens des œuvres dépend autant de celui qui la reçoit que de celui qui la crée ? Il faudrait alors considérer que le sens de chaque œuvre surgit dans la relation qui se tisse entre le récepteur et l’œuvre.

Une œuvre d’art sollicite également un certain type de réception que l’on qualifie d’esthétique, ce qui implique qu’elle met en jeu les sens (la v

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