philosophie • dissertation

Une oeuvre d’art est-elle nécessairement belle ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

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I. L’analyse du sujet

Il s’agit d’un sujet classique sur l’art qui porte sur la relation entre l’œuvre d’art et le beau. Si le sujet ne pose aucune difficulté de compréhension, il est néanmoins important d’en proposer une analyse précise afin de bien identifier les problèmes que soulève cette question qui n’est simple qu’en apparence. Le sujet suppose une certaine maîtrise des approches philosophiques de l’art qui permettront de ne pas réduire le sujet à une simple opinion qu’on se ferait de l’œuvre d’art.

La thèse qui est ici interrogée affirme un lien nécessaire entre l’œuvre d’art et le beau : une œuvre d’art ne pourrait pas, dans cette perspective, ne pas être belle. Quelle est la légitimité de ce lien ? Une œuvre qui déroge au critère de la beauté peut-elle toutefois être reconnue comme une œuvre d’art ? Le sujet pose la question de la définition de l’œuvre d’art : faut-il admettre le beau comme une condition nécessaire de l’appartenance d’une œuvre au domaine de l’art ?

II. La problématique du sujet

S’il est courant d’associer œuvre d’art et beauté, on constate aussi que certaines œuvres, pourtant reconnues comme des chefs d’œuvre de l’histoire de l’art, peuvent susciter une forme de rejet ou de répulsion à cause du déplaisir qu’elle cause (ce peut être la cas de certains tableaux de Goya comme *Le Temps et les Vieilles*) ou encore une forme d’indifférence parce qu’elle se distingue en rien d’un objet d’usage courant (les ready-made de Marcel Duchamp, tel le *Porte-bouteilles*).

Le lien entre l’art et la beauté qui semble de prime abord aller de soi, demande à être examiné : il ne recouvre peut-être qu’une certaine conception de l’art qui demande à être élargie à d’autres formes d’expériences que celles de la beauté.

1/ Il convient d’abord de prendre soin d’examiner ce que recouvre la notion d’œuvre. Tout artefact, production humaine, n’est pas une œuvre. Tandis que le produit du travail est, le plus souvent, associé à la satisfaction des besoins, l’œuvre s’affranchit de l’empire de la nécessité et présente une certaine gratuité : elle n’est pas destinée à remplir une fonction définie a priori comme peut l’être, par exemple, une production artisanale.

Par l’expression « œuvre d’art », ce qui est visé, c’est non pas, ou pas seulement, la production d’un objet qui suppose un certain savoir-faire (comme celui que détient l’artisan) mais celle qui relève d’une création libre et non soumise à l’utilité.

2/ Il est indispensable d’interroger ce que r

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