philosophie • dissertation

Peut-on être insensible à l’art ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

Document issu d’une archive PDF, d’analyse d’un sujet de bac et contenant environ 1000 mots.

I. L’analyse du sujet

– La question, qui traite du rapport que nous entretenons avec l’art, ne pose pas de problème majeur de compréhension. Il est toutefois important d’analyser le sens de l’adjectif « insensible » pour traiter précisément le problème et surtout éviter de substituer à la question de la sensibilité celle de la connaissance ou de la reconnaissance de l’art.

– Il est important d’analyser les présupposés de l’énoncé. La thèse interrogée pose qu’il est possible d’être insensible à l’art : thèse qui va elle-même contre l’idée très répandue que l’art suscite chez les hommes des sentiments positifs (plaisir, délectation, amusement) ou négatifs (déplaisir, dégoût, ennui). C’est l’expérience esthétique, l’expérience des spectateurs, la réception des œuvres d’art qui est ici en jeu en tant qu’elle convoque notre sensibilité, la vue, l’audition, le toucher, etc. Le terme d’« esthétique » (du grec *aisthesis* : sensibilité) renvoie à l’expérience perceptive de la beauté, l’expérience vécue à travers les sensations et les sentiments suscités par l’art.

– Le sujet invite donc à penser la possibilité de cette insensibilité. Est-il possible de rester insensible aux œuvres qui sont supposées produire une émotion, susciter un sentiment ? Peut-on rester indifférent à la beauté d’un tableau ou d’un opéra ? Si c’est le cas, comment expliquer cette indifférence à l’égard d’œuvres dont la valeur esthétique est reconnue ? Et à qui renvoie le « on », sujet indéterminé de cette réception indifférente ?

– Il faut noter que c’est l’art et non les œuvres d’art dont il est ici question. L’art s’entend comme le domaine de la création artistique, dont la beauté constitue une dimension essentielle. Si l’insensibilité renvoie à une expérience perceptive, alors c’est bien dans le rapport singulier à des œuvres qui doit être pris en compte. Mais c’est l’art, donc toute production qui n’est pas issue de la nature, qui est à considérer, ce qui exclut les produits de la nature (les paysages par exemple).

– L’adjectif « insensible » implique, en effet, que c’est notre rapport *sensible* à l’art qui est en question. Il renvoie à l’absence de réaction sensible : être insensible, c’est ne pas éprouver d’émotions, rester indifférent. Il ne faut donc pas de réduire la question de la réception des œuvres au seul plan intellectuel, celui par exemple de leur interprétation ou de leur analyse (à la manière d’un critique ou d’un historien d’art par exemple).

II. La problématique

Il

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