philosophie • dissertation

Faut-il être cultivé pour apprécier une œuvre d’art ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

Document issu d’une archive PDF, d’analyse d’un sujet du bac et contenant environ 700 mots.

I. Analyse du sujet

Le sujet propose d’examiner l’idée selon laquelle il faut être cultivé pour apprécier une œuvre d’art. Une telle position sous-entend que l’appréciation d’une œuvre d’art, qu’elle soit positive ou négative (qu’on l’apprécie ou pas) suppose comme sa condition une **culture artistique**. Autrement dit, que le jugement esthétique (celui par lequel on déclare qu’une œuvre plaît ou non) ne saurait s’exercer sans que des connaissances relatives au domaine de l’art viennent l’éclairer ou l’accompagner. Dans cette perspective, il n’y aurait pas de jugement esthétique valable sans une culture artistique : celui qui en serait dépourvu serait incapable d’apprécier une œuvre d’art, et il n’aurait pas la capacité de discerner le beau.

Le verbe **apprécier** renvoie ici à ce qu’on appelle le **jugement esthétique** ou le **goût**, c’est-à-dire la capacité à **discerner**, reconnaître le beau.

La culture s’entend ici comme ce qui n’est pas donné mais acquis. Être cultivé, c’est avoir reçu une éducation artistique que l’on peut définir à la fois comme un ensemble de connaissances mais aussi comme une expérience issue de la fréquentation des œuvres d’art.

Il faut aussi souligner que le recours au verbe "falloir" souligne le caractère de nécessité de cette culture. Sans elle, le rapport aux œuvres d’art serait aveugle et sans valeur.

II. La problématique du sujet

Une telle perspective, qui relie de manière nécessaire le goût et la connaissance, semble aller à l’encontre d’une idée courante selon laquelle l’art serait affaire de sensibilité ou d’émotion, et qu’il n’aurait donc rien à voir avec la connaissance ou la culture. Le jugement du néophyte n’aurait alors pas plus de valeur que celui de l’amateur : chacun serait la norme de son propre goût. On dit ainsi "à chacun ses goûts", ce qui sous-entend que tous les goûts se valent, qu’aucun n’a d’autorité sur un autre.

Etablir un lien nécessaire entre l’appréciation esthétique et la culture, c’est peut-être s’exposer aussi à une forme de conformisme, si l’on définit la culture comme la possession de normes et de valeurs établies, reconnues à un certain moment de l’histoire. Détenir la culture permettrait de reconnaître les véritables œuvres d’art, de faire le tri entre ce qui est digne d’être qualifié d’art et ce qui ne l’est pas.

On voit donc que la thèse que le sujet propose à l’examen s’expose à un risque : si elle évite le relativisme du "à chacun ses goûts" (tous se valent, le jugement éclairé e

Téléchargez le document au format PDF
Obtenez un accès immédiat à tous les contenus premium