philosophie • dissertation

Etre libre, est-ce n’obéir à aucune loi ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

Document issu d’une archive PDF d’analyse d’un sujet de bac et contenant environ 600 mots.

I. Analyse du sujet

Le sujet est très classique, sans surprise. Il pose la question souvent abordée dans les textes des manuels des rapports entre loi et liberté, précisément des rapports entre loi juridique ou politique et liberté individuelle. Mais il aborde ces rapports par la négative en proposant une définition de la liberté comme refus absolu de la loi.

En dépit de sa simplicité, ce sujet invite à une analyse conceptuelle rigoureuse des termes. C’est aussi le moyen d’éviter de s’en tenir à des généralités ou des propos convenus, un risque auquel on s’expose face à un sujet attendu.

Etre libre, c’est dans un sens premier, n’être empêché par rien, limite ou contrainte imposée de l’extérieur. Mais la liberté, c’est aussi le pouvoir de dominer, de maîtriser des passions, ses désirs. On voit ainsi que la liberté ne saurait se résumer au pouvoir de suivre nos désirs : la liberté se définit ainsi comme libre-arbitre, comme pouvoir de choix réfléchi.

Il est important de définir la notion de loi, de la distinguer d’autres notions qui lui sont proches, comme celle de contrainte. Si la contrainte est toujours ce qui nous est imposé de l’extérieur, la loi est dans l’idéal ce que nous respectons de notre plein gré.

Même si elle est parfois vécue comme une contrainte qui pèse sur notre liberté, nous savons aussi qu’elle est nécessaire à l’exercice de cette même liberté. Suis-je vraiment libre si je suis soumis à des désirs que je ne parviens pas à dominer ? Certes, je fais ce qui me plaît, mais je ne suis pas véritablement autonome au sens où j’obéis à la contrainte de mon désir et non à une loi que je me donne librement à moi-même, qui est celle que me dicte ma raison et qui me permet de m’émanciper de la force du désir. Ainsi lorsque je me donne une règle, je m’y plie volontairement : elle ne m’est pas imposée mais procède d’un choix que j’ai fait en toute conscience, en pesant le pour et le contre.

Il est utile de préciser de quelle liberté on parle ici : s’agit-il de la liberté entendue comme liberté immédiate au sens de pouvoir de faire ce qui plaît sans contrainte ? De la liberté politique ou juridique qui implique la loi comme condition ? Selon que l’on entend la liberté dans l’un ou l’autre de ces sens, la loi est soit exclue de la liberté, soit partie intégrante de celle-ci.

Par ailleurs, il peut être utile de préciser le sens du verbe « obéir » : s’agit-il d’une soumission volontaire, ce qu’on appelle aussi obligation ou d’une authentique contraint

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