I. L’analyse du sujet
Ce sujet est un sujet classique de philosophie politique. Il ne présente pas de difficulté à supposer qu’on ait eu un cours sur l’Etat ou qu’on ait une idée précise de ce qu’est un Etat. Cependant il interroge la relation de l’homme à l’Etat du point de vue de sa liberté. Ainsi ce sujet met en relation deux des cinq chapitres du programme de philosophie : la politique (l’Etat) et la morale (la liberté).
– L’Etat, c’est la structure organisée et hiérarchique qui permet le fonctionnement d’un pays, (appelé alors « un Etat »). L’Etat est cependant bien cette organisation hiérarchisée et non le pays lui-même, le peuple. Ainsi l’Etat est ce qui « en haut » permet au peuple d’être gouverné.
– La liberté, c’est l’état de l’homme doué de conscience, c’est-à-dire ayant la capacité de faire des choix et d’agir donc avec raison. Ce n’est pas seulement comme on l’entend communément « faire tout ce que l’on veut ». Si on peut faire ce que l’on veut, c’est parce qu’on est capable de savoir ce qu’on veut et de décider de faire ce que l’on veut.
– Ainsi le sujet interroge d’emblée l’opinion commune selon laquelle la liberté consiste à faire ce que l’on veut. Selon elle, l’Etat est un frein à la liberté. Ce sujet invite le candidat à revenir à la définition philosophique de la liberté, « pouvoir faire des choix », qui ne semble en rien entrer en contradiction avec l’Etat. En effet, dans un Etat démocratique du moins, l’Etat n’impose aucun choix, ce n’est en tout cas pas sa vocation première.
– Cette première lecture ne doit pas faire oublier au candidat l’intitulé exact du sujet : il s’agit de déterminer si l’homme serait « plus libre » « sans l’Etat », c’est-à-dire d’établir une gradation en relation avec l’organisation hiérarchique ou non de la société. D’un côté, on a : avec ou sans Etat ; de l’autre : on a « plus ou moins » de liberté, il ne fallait donc pas s’engouffrer dans le « libre ou pas libre » ! Le sujet est nuancé, et il ne fallait pas trop vite tomber dans la radicalité, en affirmant que c’est dans une société sans Etat qu’on est le plus libre.
II. La problématique
Les hommes jouissent de leur liberté par l’usage qu’ils font de leur raison, cela relève d’un choix et d’une conduite personnels. Un État, étant par définition ce qui organise la société dans son ensemble, n’entre pas en contradiction avec la liberté des hommes, il est plutôt censé rendre possible cette liberté. Cependant l’État est une organisation hiérarchisée : il s’a