# Le sommeil de la raison engendre-t-il des monstres ?
Collectif Sarka-SPIP
35-45 minutes
LEPETIT Quentin Pour le lundi 18 décembre 2006
Tle S1
D. M. n°3 de philosophie
Le sommeil de la raison engendre-t-il des monstres ?
Voici plus de six millions d’années qu’est apparu le seul et unique être vivant doué de raison sur notre petite planète bleue. Au cours des derniers siècles, les philosophes se sont succédés, proposant chacun une définition précise du propre de l’Homme que constitue la raison. Si l’on devait tirer une définition générale de celle-ci, on la qualifierait de faculté supérieure qui commande aussi bien le langage, la pensée, que la connaissance et la moralité. Ainsi, l’Homme est présenté comme l’être supérieur par excellence, être capable de se construire un savoir, être capable de porter un jugement juste sur une réalité, mais aussi être capable de demeurer dans la sagesse, dans le respect de son prochain, bref un être capable de se conduire moralement. Pourtant, force est de constater que certaines conduites humaines (peut-être parfois inhumaines) n’ont rien de raisonnables, dans le sens où elles vont à l’encontre de la raison, source de l’humanité. L’humanité doit être définie comme étant ce qui confère à l’Homme son caractère sacré, qui oblige non seulement envers autrui, mais aussi envers soi-même. L’Homme est un être capable de se représenter une fin, et à ce titre, il est en lui-même une fin. Kant, dans le Fondement pour la métaphysique des mœurs, écrit à ce sujet : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen ». Les hommes, inhumains au strict sens du terme, peuvent-ils pour autant être qualifiés de monstres, monstruosité devenant alors synonyme d’inhumanité ? On ne peut croire cependant que leur monstruosité, leur non-conformation au genre humain pourrait-on dire, est permanente, qu’elle a toujours pris le pas sur la raison, sur leur raison. Serait-ce la raison qui sommeille, qui s’endort, qui se repose peut-être ? L’inactivité totale ou partielle de la raison peut-elle alors engendrer des monstres ? En effet, le sommeil de la raison, qui joue un ou plutôt LE rôle prépondérant dans le fonctionnement de l’organisme humain, serait synonyme d’absence de contrôle de nos désirs, désirs fréquemment monstrueux. Mais quand bien même notre raison sommeille, de son plein droit, n’existe-t-il pas des al