I. L’analyse du sujet
Cet énoncé a l’avantage d’être assez simple et lisible dans sa formulation, mais il présente une difficulté du fait que ses termes sont polysémiques : la notion de travail recouvre plusieurs sens et dimensions, qui ont été en principe abordés en cours, mais l’expression « vivre mieux » doit être analysée précisément. Le risque en effet est de restituer un cours sur le travail sans répondre à la question. Il faudra donc particulièrement soigner le lien entre les références mobilisées et l’intitulé précis de l’énoncé.
La notion de travail est évidemment au premier plan. Le travail, c’est étymologiquement un instrument de torture (tripalium), et on associe souvent le travail à un effort pénible, à une souffrance. De ce fait il peut paraître évident que moins on travaille, mieux on se porte ! Cependant le travail c’est aussi l’acte par lequel l’homme transforme la nature pour l’adapter à ses besoins. Ainsi, on peut considérer que c’est grâce au travail que les hommes améliorent leurs conditions d’existence, et que plus on travaille, plus ces conditions s’améliorent. Enfin, le travail c’est aussi la fonction que chacun exerce dans une société donnée, l’activité rémunérée, qui donne un rôle social. Ce dernier sens du terme travail peut conduire à se demander qui travaille dans une société donnée, et si ce sont ceux qui travaillent le plus qui vivent le mieux...
On notera que le sujet porte moins sur la nature du travail que sur la quantité de travail : travailler plus / travailler moins. La question est posée quel que soit le travail. Il faut répondre pour le travail en général, c’est-à-dire aussi bien pour le travail de l’artiste, que pour celui d’un ouvrier qualifié. Or la question de la quantité de travail n’est peut-être pas la même dans les deux cas.
Le sujet mobilise aussi, plus discrètement, une autre notion : le vivant. En effet le verbe « vivre » renvoie à cette notion. On peut aussi en faire une analyse à partir du langage courant : la vie c’est d’abord le temps qui sépare la naissance de la mort, c’est aussi une notion biologique : vivre c’est se nourrir, se reproduire, se mouvoir, croître etc. C’est ce que nous partageons avec les végétaux et les animaux. Mais chez l’homme vivre, s’oppose à survivre. La vie humaine ne se réduit pas à la satisfaction des besoins du corps, elle s’étend à la vie intellectuelle, artistique, sociale et politique...
De ce point de vue, il faudra se demander ce qu’on doit entendre par « vivre bien