philosophie • dissertation • Annale bac 2016, Série S

Travailler moins, est-ce vivre mieux ?

Publié le : • Proposé par : Aïda N'Diaye (professeur)

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Bac philo 2016 – Série 5

# Travailler moins, est-ce vivre mieux ?

Avertissement : il ne s’agit ici que de pistes de réflexion et non d’une copie type nécessairement attendue par vos correcteurs. D’autres approches, d’autres thèses et arguments sont possibles.

# Introduction / Problématisation

Il était difficile de ne pas noter, au moins en pensée, l’inversion du slogan de Nicolas Sarkozy "travailler plus pour gagner plus" (et indirectement sans doute donc vivre mieux). Que suggère cette inversion dans notre sujet ? Elle laisse entendre que le travail pour être un obstacle à une bonne ou meilleure vie, qu’il faudrait, au contraire, le réduire pour améliorer nos existences. Que faut-il entendre par réduire ? Que signifie ici le « moins » ? Spontanément, on pensera peut-être à la durée : travailler moins, c’est travailler moins longtemps, à l’échelle d’une semaine (on pouvait penser à la question de la réduction du temps de travail) ou d’une vie (c’est alors la question de l’âge idéal de départ à la retraite qui se pose...). Travailler moins, ce peut être aussi travailler moins intensément : peut-être pouvait-on alors réfléchir aux manières de faciliter le travail, de rendre celui-ci moins pénible... Enfin, la question se pose non seulement à l’échelle de l’individu, mais aussi, par la généralité de l’infinitif, à l’échelle collective : ce ne sont pas seulement les hommes qui peuvent être amenés à travailler moins, mais aussi les sociétés qui peuvent redéfinir la place du travail en leur sein.

Il ne s’agit pas bien sûr de faire des propositions sur l’âge de départ à la retraite... Ces différentes manières d’interroger le sujet tourne autour du problème que constituent la nature du travail et son ambivalence. Si par vivre, on entend survivre, comment pourrions-nous vivre mieux en travaillant moins alors même que l’emploi rémunéré ou l’activité productrice (le travail agricole par exemple) sont la condition de notre survie, le moyen soit d’extraire de la nature de quoi nous nourrir, soit de nous intégrer dans une société structurée par les échanges et la division du travail ? Mais vivre c’est aussi exister, être pleinement homme et pleinement soi. N’est-ce pas alors nécessaire de libérer du temps libre pour nous consacrer aux activités qui permettent une telle réalisation, là où le travail représente une contrainte qui y ferait obstacle ? Et même, collectivement, une meilleure répartition du travail, rendue possible notamment par la robotisation, ne permett

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