philosophie • dissertation • Annale bac 2016, Série ES

Savons-nous toujours ce que nous désirons ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

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I. L’analyse du sujet

Ce sujet articule les notions de désir et de conscience. Une analyse minutieuse de l’énoncé était nécessaire de manière à comprendre dans quelle mesure les hommes sont capables de connaître vraiment l’objet de leur désir.

Il fallait utiliser ici le repère sujet/objet pour faire la distinction entre « ce que nous désirons », en tant qu’objet de notre désir, et le désir lui-même, en tant que sentiment de manque, sentiment qui relève de la conscience, c’est-à-dire du sujet.

La difficulté est que le plus souvent nous ne faisons pas cette différence, nous confondons l’objet du désir à la conscience de désirer. Ceci constitue un premier obstacle à l’objectivation du désir. Et une difficulté dans le traitement du problème qui ne se réduisait certainement pas à une collection de désirs plus ou moins connus.

« toujours » présuppose qu’il arrive que nous sachions parfois ce que nous désirons, que notre désir peut être clair et distinct. La question est alors de savoir si cette connaissance est une connaissance objective ou une simple illusion de la conscience. Combien de fois arrive-t-il que nous soyons prêts à nous damner pour un désir qui, une fois satisfait, nous indiffère et ne paraît plus avoir aucune valeur ? C’est tout le dilemme d’un personnage comme Don Juan prêt à tout pour séduire une femme qu’il abandonne aussitôt qu’elle lui a cédé.

Mais le « toujours » contient aussi une dimension temporelle. Savoir ce que nous désirons c’est affirmer la durée de notre désir face au temps qui passe. Connaître son désir c’est affirmer un désir qui résiste au temps, et au premier de tous, l’instant de la possession si souvent décevant. Connaître son désir serait alors ne pas cesser de désirer ce qu’on a désiré, rester fidèle à son désir par delà l’expérience que nous en faisons. C’est le miracle de ceux qui s’aiment « comme au premier jour ».

II. La problématique

Le problème du désir se confond donc ici en partie avec le problème de la conscience, la connaissance que nous avons de nous-mêmes et de nos désirs, en partie avec le rôle paradoxal du temps qui, en faisant naître et disparaître nos désirs, interroge leur valeur.

La connaissance de notre désir est une connaissance dans le temps. Personne ne niera que ses désirs sont les désirs d’une période de sa vie, voire d’un seul moment (dans le cas d’un caprice). Ils varient au fil de notre existence. C’est cette versatilité qui soulève la question de « ce que nous désirons ». Quel est donc ce d

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