philosophie • commentaire

Rousseau, Émile : Le désir de savoir

Publié le : • Proposé par : D. Moulinier (professeur)

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Texte étudié

Le même instinct anime les diverses facultés de l'homme. À l'activité du corps. qui cherche à se développer, succède l'activité de l'esprit, qui cherche à s'instruire. D'abord les enfants ne sont que remuants, ensuite ils sont curieux ; et cette curiosité bien dirigée est le mobile de l'âge où nous voilà parvenus. Distinguons toujours les penchants qui viennent de la nature de ceux qui viennent de l'opinion. Il est une ardeur du savoir qui n'est fondée que sur le désir d'être estimé savant ; il en est une autre qui naît d'une curiosité naturelle à l'homme pour tout ce qui peut l'intéresser de près ou de loin. Le désir inné du bien-être et l'impossibilité de contenter pleinement ce désir lui font rechercher sans cesse de nouveaux moyens d'y contribuer. Tel est le premier principe de la curiosité ; principe naturel au cœur humain, mais dont le développement ne se fait qu'en proportion de nos passions et de nos lumières. Supposez un philosophe relégué dans une île déserte avec des instruments et des livres, sûr d'y passer seul le reste de ses jours ; il ne s'embarrassera plus guère du système du monde, des lois de l'attraction, du calcul différentiel : il n'ouvrira peut-être de sa vie un seul livre, mais jamais il ne s'abstiendra de visiter son île jusqu'au dernier recoin. quelque grande qu'elle puisse être. Rejetons donc encore de nos premières études les connaissances dont le goût n'est point naturel à l'homme, et bornons-nous à celles que l'instinct nous porte à chercher.

Rousseau, Émile ou De l’éducation

# Jean-Jacques Rousseau : Le désir naturel de savoir

7-8 minutes

"Le même instinct anime les diverses facultés de l’homme. À l’activité du corps, qui cherche à se développer, succède l’activité de l’esprit, qui cherche à s’instruire. D’abord les enfants ne sont que remuants, ensuite ils sont curieux ; et cette curiosité bien dirigée est le mobile de l’âge où nous voilà parvenus. Distinguons toujours les penchants qui viennent de la nature de ceux qui viennent de l’opinion. Il est une ardeur du savoir qui n’est fondée que sur le désir d’être estimé savant ; il en est une autre qui naît d’une curiosité naturelle à l’homme pour tout ce qui peut l’intéresser de près ou de loin. Le désir inné du bien-être et l’impossibilité de contenter pleinement ce désir lui font rechercher sans cesse de nouveaux moyens d’y contribuer. Tel est le premier principe de la curiosité ; principe naturel au cœur humain, mais dont le développement ne se fait qu’en proportion de nos passions et de nos lumières. Supposez un philosophe relégué dans une île déserte avec des instruments et des livres, sûr d’y passer seul le reste de ses jours ; il ne s’embarrassera plus guère du système du monde, des lois de l’attraction, du calcul différentiel : il n’ouvrira peut-être de sa vie un seul livre, mais jamais il ne s’abstiendra de visiter son île jusqu’au dernier recoin. quelque grande qu’elle puisse être. Rejetons donc encore de nos premières études les connaissances dont le goût n’est point naturel à l’homme, et bornons-nous à celles que l’instinct nous porte à chercher. " (Jean-Jacques Rousseau)

a. Dégagez l’idée générale du texte et les étapes de son articulation

b. Expliquez

– "le même instinct anime les diverses facultés de l’homme"
– "une ardeur du savoir qui n’est fondée que sur le désir d’être estimé savant"
_ " (principe) dont le développement ne se fait qu’en proportion de nos passions et de nos lumières
c. Discutez (en fournissant des exemples) la dernière phrase du texte

## CORRIGE d’explication (plan)

a) L’idée générale et les articulations du texte

L’éducation doit stimuler et développer la curiosité naturelle de l’homme, au lieu d’égarer celui-ci vers des connaissances inutiles ou prématurées.

– ligne 1 à 6 : toutes nos facultés sont motivées par un même instinct, un désir de savoir qui ne fait que croître avec l’âge.
– ligne 6 à 12 : il faut distinguer le désir de savoir naturel, guidé par l’instinct, et une soif de connaissance guidée par l’opinion, qui s’apparente à

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