philosophie • dissertation • Annale bac 2016, Série ES

Savons-nous toujours ce que nous désirons ?

Publié le : • Proposé par : Mathias Roux (professeur)

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Bac philo 2016 – Série ES

# Savons-nous toujours ce que nous désirons ?

Avertissement : il ne s’agit ici que de pistes de réflexion et non d’une copie type nécessairement attendue par vos correcteurs. D’autres approches, d’autres thèses et arguments sont possibles.

# Introduction / Problématisation

Le désir est le sentiment d’un manque, accompagné de la conscience de l’objet de ce manque et de la tendance qui nous pousse à le combler. On le présente souvent comme le propre de l’homme, car il se distingue du simple besoin que les autres êtres vivants ressentent aussi. En effet, comme l’indique sa définition, le désir suppose la capacité de prendre conscience de soi-même puisque, pour chercher à le satisfaire, il faut être capable de se donner un but et d’envisager les moyens d’y parvenir. Or, cette conscience de soi équivaut à première vue à une connaissance de son désir. Par conséquent, il semble bien que désirer correspond à savoir ce que l’on désire. À l’inverse, nous pouvons tout à fait avoir un besoin de quelque chose sans en être conscients et donc sans le savoir (un besoin en vitamines par exemple).

Mais, il est courant de rappeler que le désir de l’homme se caractérise aussi par l’insatisfaction qu’il entretient. Si nous désirons sans cesse, c’est parce que la réalisation de nos désirs ne met pas fin au manque et que celui-ci renaît chaque fois sous une autre forme. Ne serait-ce pas la preuve du coup que nous ne savons pas toujours ce que nous cherchons à travers nos désirs ? N’y a-t-il pas ici une dimension de l’objet de notre désir qui nous échappe ?

Nous voilà donc face à un paradoxe que le sujet nous invite à résoudre : nous sommes à la fois conscients de notre désir, mais relativement ignorants de l’objet que nous recherchons.

# Partie I.

Nous savons ce que nous désirons car nous sommes conscients du manque.

Privilège de l’homme, la conscience de soi fait de lui un sujet, c’est-à-dire un être qui effectue un retour sur soi, une réflexion lui permettant de se prendre pour objet. C’est ainsi que, pour l’homme, éprouver un sentiment et savoir qu’il l’éprouve, qu’il est le sujet de ce sentiment signifie la même chose. De ce fait, le désir, en tant qu’état mental, occasionne la représentation et la conscience du manque de quelque chose. À ce propos, Spinoza affirme dans L’Éthique que « le désir est l’appétit accompagné de la conscience de lui-même ». Par exe

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