philosophie • dissertation

Ne désirons-nous que ce dont nous avons besoin ?

Publié le : • Proposé par : Jean-François Devillers (professeur)

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Il est courant de distinguer le besoin du désir. En effet, on prête au besoin une nécessité, un caractère impérieux relativement à la vie, voire à la survie, qu’on ne reconnaît pas au désir dont les objets sont jugés plus ou moins futiles pour l’existence. Ce qui invite à penser qu’il y a entre l’état de besoin et le désir une différence irréductible. Le besoin serait de l’ordre de la nécessité, tandis que le désir lui serait de l’ordre du superflu ou viserait des fins qui sont très au-delà du nécessaire. On a besoin du nécessaire, on désire le superflu. Toutefois, il est tout aussi courant d’employer indifféremment le mot besoin et le mot désir relativement aux mêmes choses. On peut dire qu’on a besoin de manger, d’apprendre, d’être aimé, de se divertir..., tout comme on peut désirer tout cela. C’est pourquoi il est légitime de se demander si nous ne désirons que ce dont nous avons besoin.

En d’autres termes, est-ce parce que nous en avons besoin, qu’ils nous sont nécessaires, que nous désirons certains objets ou certaines fins ?

Il semble que oui, mais alors comment expliquer que certains de nos désirs portent sur des objets qui sont loin de nous être nécessaires ? Ne désirons-nous pas plus de choses que celles qui nous sont absolument indispensables ? Mais, d’un autre côté, est-il possible de désirer quelque chose sans en avoir besoin à un titre quelconque ? Pourrions-nous désirer quelque chose qui ne nous soit utile en rien ?

Le désir est-il réductible à l’état de besoin dont il serait la manifestation ou n’est-il pas au contraire ce qui engendre l’état de besoin lui-même ? A supposé bien sûr qu’il y ait un rapport entre le désir et le besoin.

La notion de besoin désigne non pas une chose, mais un état : l’état d’un être auquel il manque quelque chose qui lui est nécessaire. L’état de besoin est un état de manque. Si nous avons besoin de manger et de boire, c’est parce que nous sommes sujets à la faim et à la soif qui sont des états de manque. Or on ne peut manquer de quelque chose que par rapport à un but ou une fin. Ce qui me manque, c’est en effet toujours un moyen grâce auquel je pourrai atteindre une fin précise. A l’inverse, je ne manque de rien lorsque j’ai atteint tous mes buts. Ce qui signifie que lorsqu’on parle des besoins spécifiques de l’homme, on parle de ce qui lui manque en faisant référence, le plus souvent implicitement, à certaines fins par rapport auxquelles il éprouve ces besoins. Quelles sont ces fins ? La survie pour commencer

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