Une action désintéressée est-elle possible ?

Dissertation entièrement rédigée, faite par un élève de classe préparatoire littéraire, ayant obtenu 15.

Dernière mise à jour : 15/09/2021 • Proposé par: Laure89 (élève) •

Fort souvent, dans une société, l’admiration publique est acquise à ceux qui vont jusqu’à sacrifier leurs intérêts (l’argent, les honneurs) en faveur d’autrui (amis, patrie). On dit qu’ils agissent de façon désintéressée. A l’inverse, un homme qui n’agit en ne pensant qu’à ses propres intérêts, lui, sera dit « intéressé ». Souvent, donc, c’est l’acception péjorative du terme que l’on retient : on dira d’une personne honnête, bonne, qu’elle est désintéressée : « la marque de la vertu est plutôt de faire le bien que de recevoir », écrit Aristote dans le livre IV de l’Ethique à Nicomaque. Et pourtant, il semble que l’intérêt puisse aussi être une notion neutre : il apparaît naturel et même raisonnable de la part de chacun d’entre nous de poursuivre ou préserver ses intérêts. Le sujet « Une action désintéressée est-elle possible ? » cherche à déterminer si, oui ou non, l’action se fait en vue d’une conséquence qui nous soit bénéfique, en ce qu’elle nous apporte du plaisir, du confort matériel, une satisfaction personnelle… A l’inverse, si l’on agit de façon désintéressée de sa propre personne, et pour autrui, on souhaite qu’il soit heureux : ce n’est pas à nous que l’action profite, mais elle profite à quelqu’un d’autre, elle a donc un intérêt initial. Alors, agir de façon désintéressée, est-ce agir sans que cela ne nous profite, ou sans que cela ne profite à autrui ? Mais en fait, pour l’homme dit « désintéressé », donner est aussi un plaisir qu’il n’échangerait pour rien au monde. on peut recevoir quelque chose en échange, ou retirer un certain plaisir de telle ou telle « bonne action ». En outre, peut-on être heureux au milieu de gens malheureux ? Ces deux formes d’intérêt : pour soi, pour autrui, semblent donc être étroitement liées. Il semble tout d’abord que l’acte désintéressé soit possible, pour adhésion à une morale, par amour pour autrui (1). Toutefois, il apparaît qu’aider autrui se fait dans l’intérêt de cette personne… donc, d’une certaine façon, l’action est intéressée, et peut même directement représenter quelque chose d’utile pour l’agent de l’action (2). Si action désintéressée il y a, elle ne peut être s’effectuer que par une totale liberté, en dehors de tout motif, toute raison déterminante… Et n’apparaît-elle pas alors comme un acte non-réfléchi ? (3)

C’est en premier lieu dans le domaine de la morale que semble se situer la possibilité d’une action désintéressée. La morale kantienne effectue une dichotomie entre « l’ag

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