I. Analyse du sujet
Un sujet classique sur la négativité ou la positivité du désir, dont la formulation exige toutefois une analyse attentive.
La notion centrale est le **désir**, que l’on peut définir dans un premier temps comme la recherche d’un objet présumé source de satisfaction. Cette première définition devra cependant être retravaillée au cours de la dissertation car la formulation du sujet indique implicitement que le désir n’est pas tant un rapport à des objets de la réalité extérieure qu’un rapport à soi-même dans son identité subjective ou humaine (« notre imperfection »).
Est parfait quelque chose qui correspond exactement à sa définition (un cercle parfait) ou qui est aussi réussi que possible en son genre (un geste parfait, une œuvre parfaite).
Le désir, accompagné d’un sentiment de manque et de privation (on ne peut désirer que ce que l’on n’a pas), serait donc le signe distinctif, l’indice révélateur (« la marque ») de l’inadéquation entre notre réalité effective et notre essence, ou plus simplement du décalage entre ce que nous sommes intimement et ce que nous vivons réellement.
En ce sens, le désir témoignerait que nous sommes des êtres incomplets, inaccomplis, inachevés.
II. La problématique du sujet
Le désir semble se caractériser par un sentiment permanent de manque et d’insatisfaction. Platon donne ainsi à Eros une généalogie symbolique en en faisant le fils de Poros et Pénia. Si Poros est fils de Zeus et dieu de la ressource, Pénia est une simple mortelle dans la misère. Ainsi Eros est-il toujours en quête de ce qu’il n’a pas (de par sa mère), déployant toutes les ressources de son père pour parvenir à ses fins.
Le manque est ainsi le point de départ et le point d’arrivée du désir, toujours manque et toujours moteur de la satisfaction de ce manque. Non seulement le désir part d’un manque (on ne peut désirer que ce que l’on n’a pas), mais, à peine assouvi, le désir s’empresse de renaître (à la différence du besoin qui cesse une fois satisfait), et se porte vers d’autres objets dans une sorte d’insatisfaction perpétuelle. A travers cette quête incessante d’objets, le désir nous ramène à un essentiel inaccomplissement et à notre finitude humaine, nous indiquant en creux une plénitude impossible à atteindre ou perdue à jamais. Une réflexion sur le désir humain serait donc nécessaire pour mieux comprendre en quoi consiste « notre imperfection » et s’il y a quelque moyen d’y remédier ou du moins de s’en accommoder.
Cependant, défi