Le désir est­‐il la marque de notre impuissance ?

Dissertation complète en trois parties :
I. Le manque comme essence du désir, qui apparait donc comme une faiblesse
II. Mais le désir peut également être considéré comme force motrice
III. Le désir philosophique lui permet de tendre vers le bonheur

Dernière mise à jour : 16/04/2021 • Proposé par: nelsons (élève)

Bien souvent, l'opinion commune confond le sens de besoin et de désir. Si le besoin pose la question de l'"avoir", de la possession d'un objet pour sa fonction, le désir pose quant à lui une question bien plus profonde, plus fondamentale : la question de l' "être", et confère ainsi à notre réflexion philosophique tout son caractère ontologique. Le désir différencie l'homme de l'animal, qui reste enfermé dans ses pulsions, suivant son instinct, contrairement au genre humain, qui ne peut se contenter de vivre "ici et maintenant", et qui dans la nécessité d'être, se projette constamment en dehors de lui‐même, afin d'aller de l'avant. La question du désir s'élève alors comme un paradoxe : à la fois puissance motrice, et en même temps impuissance de l'homme à atteindre le désir platonicien absolu de vérité, impuissance à combler ce vide permanent de son être, de son âme.

C'est alors comme un rapport de force qui s'installe, un équilibre chancelant où se côtoient impuissance du manque et puissance de création, où cohabitent notre incomplétude et notre appétit dévorant d'expansion. Nous nous demandons alors si le désir est bel et bien la marque de notre impuissance, si cette impuissance relève uniquement de ce désir, ou encore si dans le désir, nous ne pourrions pas trouver toute notre force, toute notre puissance ontologique ?

Si cet équilibre est chancelant, c'est sans nul doute parce que points de vue et pensées divergent pour finalement s'équilibrer timidement. Défini comme impuissance et comme marque de notre incomplétude par certains, révélant toute son ambiguïté dans la relation du sujet à l'Autre, le désir est aussi posé par d'autres philosophes, à l'image de Spinoza, comme l'essence même de l'homme. Force originelle de création, il nous permet de nous affranchir, de repousser nos limites et de trouver la liberté. Enfin, la recherche incessante de la vérité platonicienne, de l'affirmation de notre liberté semble nous conduire irrémédiablement vers le désir ultime, qui selon Freud, n'est autre que la mort.

I. Le manque comme essence du désir, qui apparait donc comme une faiblesse

L'étymologie en elle-­même du mot "désir" souligne toute sa complexité et met en lumière le paradoxe que nous pouvons trouver derrière ce concept, dont la signification a évolué au cours du temps, et dont la conception, justement, évolue encore constamment. Ainsi, le verbe "désirer" est issu du verbe latin desiderare, qui signifie "regretter l'absence de quelqu

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