I. Analyse du sujet
Il s’agit d’un sujet difficile mais classique qui invite à penser les rapports entre culture et humanité. Il faut donc éviter de plaquer de façon artificielle l’opposition nature/culture qui organise souvent la réflexion sur la culture. Il est important de prendre en compte la thèse précise que le sujet interroge : elle ne consiste pas seulement à dire que la culture est constitutive de l’humanité, elle affirme aussi qu’il y a des degrés dans l’humanité (cf. « plus humains ») et que la culture peut aussi bien contribuer au perfectionnement de l’humanité (l’humaniser) qu’à sa dégradation en le déshumanisant.
Le sujet ne se limite donc pas à l’idée que la culture fait l’homme ou que la culture nous rend humains, il implique aussi que l’humanité est perfectible, susceptible de progrès et que la culture est un facteur de cette perfectibilité de l’humanité.
C’est donc aussi cette idée d’une humanité en devenir, susceptible de se perfectionner qu’il faut examiner. Le sujet ne renvoie pas seulement à l’essence figée et immuable d’une humanité achevée mais à un idéal qui suppose un progrès indéfini, autrement dit à une humanité qui reste toujours à améliorer.
De ce point de vue, la culture n’est donc pas ce que l’on possède une fois pour toutes mais une dynamique par laquelle les acquis se trouvent perpétuellement transformés et mis en question (cf. le verbe « rendre » qui indique cette idée).
La notion de culture est polysémique.
C’est par rapport à la notion d’humanité qu’il faut l’envisager. En ce sens, la culture est d’abord ce qui constitue l’essence de l’homme, ce par quoi il se distingue des autres espèces naturelles, ce mouvement par lequel il s’arrache de la nature pour la transformer tout en se transformant lui-même. La culture est donc ce processus par lequel l’homme (individuellement et collectivement) s’humanise. La culture renvoie ainsi à l’idée d’un patrimoine de l’humanité comme l’ensemble de tout ce que l’homme a ajouté à la nature.
On peut aussi entendre la culture comme tout ce qui est socialement hérité ou transmis, c’est-à-dire l’ensemble des idées, des institutions, des objets – par exemple les connaissances, les croyances, les types d’habitation, les attitudes corporelles. La culture est ici ce qui distingue une communauté ou un groupe social par différence avec d’autres.
Alors que le premier sens définit la culture comme un universel, le second indique que la culture prend des formes plurielles dans l’espace et le