philosophie • dissertation

Peut-il exister des désirs naturels ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

Ce document est issu d’une archive PDF, d’analyse d’un sujet de bac et contenant environ 600 mots.

I. Analyse du sujet

Sujet classique, simple dans sa formulation. Il ne pose aucune difficulté de compréhension, mais il exige de bien cerner la question en veillant à prendre en compte tous les termes de l’énoncé.

Il s’agit en effet d’abord de qualifier les désirs (peuvent-ils être naturels). Si la définition du désir comme manque, comme recherche de satisfaction peut aider à traiter la question, celle-ci ne porte pas sur la nature du désir mais sur la manière de la qualifier. Il n’est pas inutile de souligner à ce propos que c’est l’existence de désirs naturels qui est en question.

Si le sujet paraît simple à première lecture, il impose cependant une analyse précise, afin d’éviter des développements trop généraux sur le désir.

II. La problématique du sujet

Par désir, on entend une tendance vers quelque chose, une attirance qui n’est pas de l’ordre de la raison, une force spontanée, incontrôlable qui échappe à la volonté, une impulsion qui est souvent d’origine corporelle.

Il s’agit aussi de définir ce qu’on peut entendre par « naturel » : est naturel, ce qui s’oppose au culturel ou à l’artificiel, ce qui est nécessaire, indispensable (ce dont on ne peut pas se passer) ; est naturel ce qui n’est pas historique, ce qui se distingue par une certaine fixité à la différence de l’histoire qui se caractérise par le devenir, le changement.

Tel qu’il est posé, le sujet semble supposer que les désirs ne sont pas naturels autrement dit qu’ils ne sont pas innés, donnés a priori, mais construits, acquis au contact des hommes par l’éducation ou la vie en société, ou encore qu’ils sont acquis historiquement.

Ce qui est donc ici en question, c’est l’existence de désirs naturels, plus encore la possibilité même de cette existence. Si, en effet, on situe le désir du côté de ce qui est modelé par des normes ou des valeurs, on doit s’interroger sur l’existence éventuelle de désirs qui échapperaient à ces différentes formes de conditionnement.

On prendra bien soin de souligner le pluriel (« des désirs naturels ») qui invite éventuellement à distinguer parmi les désirs entre ceux qui seraient naturels et les autres. Dans cette perspective, il y aurait ainsi au sein de cette catégorie générique du désir, des différences spécifiques.

III. La boite à outils

a) On peut partir, ainsi que le sujet le suppose, du fait que le désir est culturel, acquis, produit dans et par une histoire :

En effet, il se distingue de l’instinct qui renvoie à un modèle de comportement inné qu

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