Nietzsche, Humain, trop humain: Le danger de la fortune

Fait par élève. Copie entièrement retranscrite. Note obtenue : 14/20.

Dernière mise à jour : 15/09/2021 • Proposé par: mikra (élève) •

Texte étudié

Seul devrait posséder celui qui a de l'esprit: autrement, la fortune est un danger public. Car celui qui possède, lorsqu'il ne s'entend pas à utiliser les loisirs que lui donne la fortune, continuera toujours à vouloir acquérir du bien: cette aspiration sera son amusement, sa ruse de guerre dans la lutte avec l'ennui. C'est ainsi que la modeste aisance, qui suffirait à l'homme intellectuel, se transforme en véritable richesse, résultat trompeur de dépendance et de pauvreté intellectuelles. Cependant, le riche apparaît tout autrement que pourrait le faire attendre son origine misérable, car il peut prendre le masque de la culture et de l'art: il peut acheter ce masque. Par là il éveille l'envie des plus pauvres et des illettrés - qui jalousent en somme toujours l"éducation et qui ne voient pas que celle-ci n'est qu'un masque - et il prépare ainsi peu à peu un bouleversement social : car la brutalité sous un vernis de luxe, la vantardise comédien, par quoi le riche fait étalage de ses "jouissance de civilisé" évoquent, chez le pauvre, l'idée que l'argent seul importe, - tandis qu'en réalité, si l'argent importe quelque peu, l'esprit importe bien davantage.

Nietzsche, Humain, trop humain - II, §310

Introduction

Dans ce texte, tiré de Humain, trop humain, Friedrich NIETZSCHE développe une théorie sur les conséquences négatives du fait « d’avoir du bien », c’est-à-dire sur le fait de posséder des richesses. Cet écrit se compose donc de différentes parties grâce à lesquelles l’auteur construit la progression de son argumentation. Ainsi, l’auteur nous dévoile le problème engendré par la possession de biens. On peut ainsi distinguer trois parties qui seront les parties de cette étude de texte. D’une part, Nietzsche nous dévoile sa thèse et le problème engendré par la richesse sur les individus qui la possède. D’autre part, il explique le danger de la possession de richesses. Enfin, l’auteur développe les conséquences désastreuses de ce problème sur les populations pauvres et incultes.

Première partie

Dans sa première partie, de « seul qui a de l’esprit … » à « … sa lutte contre l’ennui. », Nietzsche nous dévoile sa thèse et un des problèmes engendré par la richesse sur les individus qui la possède.

Selon lui, la possession de biens doit être liée à la possession d’esprit : l’individu doit être capable de raisonner, c’est à dire d’exercer une activité philosophique, comme faire l’examen critique d’une chose, d’un fait ou d’un phénomène. Dans le cas contraire, où un possédant n’aurait pas d’esprit, il nous explique que cet individu deviendrait un « danger public », une menace pour l’existence d’autrui mais aussi pour la sienne : D’une part, du fait que sa possession peut engendrer l’envie chez certains individus (idée reprise et expliquée au §3). D’autre part, la possession de biens peut être un danger pour le possédant lui-même : étant sans esprit, ce dernier « continuera toujours à aspirer à la possession » dans la mesure où il ne sera satisfait que par la simple acquisition de son bien au lieu de jouir des avantages de cette acquisition. C’est le cas de l’enfant en bas-âge qui ne se soucie que de ses désirs spontanés dit « illusoires ». Cet enfant sera donc heureux durant toute la période précédant le moment où un autre désir illusoire naîtra. De la sorte, ce besoin d’accumuler des biens deviendra « le divertissement » de notre individu, le moyen d’écarter de son esprit les problèmes de la vie tel que l’ennui ; mais aussi, le moyen de se détourner du réel face aux caractères tragiques (la fuite du temps, la mort inévitable, l’hyper-complexité du réel). Dans la mesure où notre individu n’accepte pas le réel et préfère

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