I. L’analyse du sujet
Il s’agit d’une question faussement simple. Les termes de l’énoncé sont ordinaires, voire banals et laissent penser qu’on aura toujours quelque chose à dire, mais le premier travail est justement de leur donner une définition précise, seule condition d’une problématique rigoureuse. C’est donc un sujet piège qui peut facilement conduire aux généralités si l’on oublie les règles élémentaires de la dissertation.
La principale difficulté tient aux thèmes en jeu ici, ceux de perception, et tous les items du chapitre du cours intitulé la Raison et le réel et ils sont nombreux : Théorie et expérience, Démonstration, Interprétation, Matière et esprit, Vérité. A cela s’ajoute bien évidemment la nécessité d’illustrer votre propos par des exemples tirés de la science.
II. La problématique
« Suffit-il » renvoie à l’idée de condition. Il y a deux types de conditions, les conditions nécessaires sans lesquelles quelque chose ne peut pas avoir lieu, et les conditions suffisantes, celle grâce auxquelles cette chose a réellement lieu. Ainsi réviser son baccalauréat est une condition nécessaire pour réussir l’examen mais pas toujours une condition suffisante car d’autres facteurs entrent en jeu (comme l’angoisse, l’inhibition, la chance, etc.).
La condition dont on parle ici est l’observation. En latin, observare c’est « porter son attention sur ; surveiller ; respecter, se conformer à ».
La première idée qu’on trouve dans le verbe « observer » c’est le mouvement qui porte l’attention vers quelque chose, un objet, un phénomène.
La seconde idée qu’on trouve c’est l’idée de se conformer à une certaine méthode, respecter des règles, un protocole.
Léonard de Vinci qui a une œuvre scientifique bien connue a par exemple fait des études d’anatomie et nous a légué des dessins d’un grand intérêt scientifique. Léonard disait. « Qui ne dessine pas n’observe pas ». Ce qui signifie que l’observation n’est pas seulement une attention passive portée à un objet, c’est une attention active, qui confronte l’œil à l’esprit et l’esprit à la main pour comprendre aussi bien la structure que le dynamique des organes étudiés.
De ce point de vue, on peut considérer que l’observation participe bel et bien à la connaissance. Elle entre dans le domaine de ce que Kant a nommé l’expérience, ajoutant que « toute notre expérience commence avec l’expérience, il n’y a là dessus aucun doute ».
« Connaître » renvoie à la possession d’une idée claire et distincte (Descartes), à un