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Bac philo 2017 – Série L
# Suffit-il d’observer pour connaître ?
Avertissement : il ne s’agit ici que de pistes de réflexion et non d’une copie type nécessairement attendue par vos correcteurs. D’autres approches, d’autres thèses et arguments sont possibles.
# Introduction / Problématisation
Dans *La lettre volée*, Edgar Poe raconte une intrigue policière fondée sur la disparition d’une lettre introuvable. G., le préfet de police de Paris, multiplie les fouilles jusqu’à ce que Dupin découvre la lettre posée négligemment sur le bureau même du suspect. Cette célèbre nouvelle nous interroge : suffit-il d’observer pour connaître ?
Observer, c’est voir attentivement, discerner. Se demander si la seule observation suffit à la connaissance revient à interroger la capacité cognitive de nos sens : l’acuité de la perception peut-elle nous délivrer un savoir satisfaisant ? On objectera aisément que l’expérience de l’illusion contredit un tel pouvoir dans l’appréhension immédiate du réel. Mais l’oubli de l’observation n’est-il pas tout aussi dommageable pour la connaissance ? Peut-on élaborer une théorie viable en se coupant des phénomènes sous prétexte qu’ils sont souvent trompeurs ? Tout le problème consiste à savoir quelle place il faut donner à ce qui est observable dans la construction de notre savoir.
On cherchera d’abord à montrer que la science ne peut faire l’économie d’une appréhension directe des phénomènes (I) pour contester cette approche (II) tout en lui accordant une certaine légitimité (III)
# Partie I.
L’observation nécessaire.
Aristote disait qu’il faut « sauver les phénomènes ». Reprochant à Platon de se perdre dans le ciel des Idées, il est le fervent défenseur de la méthode inductive en science. Il s’agit de partir du particulier pour s’élever à l’universel. C’est par exemple l’observation attentive des parties des animaux qui permet de les classer. Ainsi Aristote est-il le premier à distinguer les vertébrés et les invertébrés et à ne pas commettre l’erreur de regrouper ensemble la mouette et la mouche parce qu’elles volent toutes les deux. L’observation est d’autant plus nécessaire qu’elle autorise les manipulations. Il ne s’agit pas de subir le phénomène, mais de l’interroger en cherchant par exemple sous son apparence première d’autres données observables. Ainsi Foucault dans *Naissance de la clinique* montre-t-il que le médecin Bichat en ouvrant tel cadavre