philosophie • dissertation • Annale bac 2016, Série L

Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

Ce document est issu d’une archive PDF, d’analyse d’un sujet du bac et contenant environ 1000 mots.

I. L’analyse du sujet

Clairement un sujet de « haut vol », réservé aux candidats qui ont une maîtrise des questions morales et une bonne rhétorique. Il fait appel à la notion générale de « morale » et demande de mobiliser de larges connaissances philosophiques, mais aussi des exemples pour nourrir la réflexion.

II. La problématique du sujet

Nos « convictions » désignent nos croyances, nos opinions les plus intimes.

L’adjectif « morales » les ramène au domaine du « bien » et du « mal », au domaine des « devoirs » et des « obligations », mais aussi aux « normes » de la société dans laquelle nous vivons et qui indiquent à chacun ce qu’il est possible ou interdit de faire. L’expression « nos convictions morales » présuppose que nous possédons des convictions morales. Que par devers nous, nous avons une certaine opinion du bien et du mal, le sens de nos obligations et certaines normes morales. Ce présupposé explique qu’on interroge le fondement de ces convictions présupposées.

La notion de « fondement » renvoie au « socle » de ces convictions. Sur quoi s’appuient-elles ? Sont-elles nées spontanément en nous ? Ont-elles une autre origine, et laquelle ?

La notion d’« expérience » ne représente en l’occurrence qu’un des fondements possibles de la moralité, il ne fallait donc pas s’arrêter au seul aspect empirique. Etymologiquement « expérience » contient l’idée d’« essai ». Ce que j’expérimente c’est ce dont je fais l’essai. L’expérience nous donne une connaissance a posteriori (il faut d’abord faire l’essai de quelque chose avant de le connaître) alors que le présupposé que nous avons repéré indique plutôt un fondement a priori (indépendant de l’expérience).

Le problème apparaît ici très classique et pour cela même ardu, il demande au candidat de réfléchir sur ce qui échappe à sa conscience, ce que Nietzsche aurait appelé « l’origine de nos sentiments moraux », et d’examiner leurs sources possibles, sans en rester à la source empirique suggérée par l’énoncé.

III. La boite à outils

La notion d’expérience donnait un point de départ utile et riche.

On pouvait explorer l’expérience psychologique, ou plus précisément métapsychologique, avec Freud. Nos « convictions morales » se confondent chez Freud au Surmoi, à l’intériorisation des règles, des interdits, des tabous qui façonnent le pôle instinctif du « Ça », et permet à l’homme de devenir sociable et même humain. L’expérience dont il s’agit ici est l’expérience de l’éducation de l’enfant, d’abord animé par

Téléchargez le document au format PDF
Obtenez un accès immédiat à tous les contenus premium