Bergson, Les Deux Sources de la morale: Le moi social

Appréciation du professeur: "C'est un peu maladroit dans l'expression même si l'idée centrale a été assez bien comprise.". Note obtenue : 13/20.

Dernière mise à jour : 27/10/2021 • Proposé par: Arenaud1458 (élève)

Texte étudié

Même si nous n’étions obligés, théoriquement, que vis-à-vis des autres hommes, nous le serions en fait vis-à-vis de nous-mêmes, puisque la solidarité sociale n’existe que du moment où un « moi social » se surajoute en chacun de nous au moi individuel. Cultiver ce moi social est l’essentiel de notre obligation vis-à vis de la société. Sans quelque chose d’elle en nous, elle n’aurait sur nous aucune prise ; et nous avons à peine besoin d’aller jusqu’à elle, nous nous suffisons à nous-mêmes si nous la trouvons présente en nous. Sa présence est plus ou moins marquée selon les hommes ; mais aucun de nous ne saurait s’isoler d’elle absolument. Il ne le voudrait pas, parce qu’il sent bien que la plus grande partie de sa force vient d’elle, et qu’il doit aux exigences sans cesse renouvelées de la vie sociale cette tension ininterrompue de son énergie, cette constance de direction dans l’effort, qui assure à son activité le plus haut rendement. Mais il ne le pourrait pas, même s’il le voulait, parce que sa mémoire et son imagination vivent de ce que la société a mis en elles, parce que l’âme de la société est immanente au langage qu’il parle, et même si personne n’est là, même s’il ne fait que penser, il se parle encore à lui-même. En vain on essaie de se représenter un individu dégagé de toute vie sociale. Même matériellement, Robinson dans son île reste en contact avec les autres hommes, car les objets fabriqués qu’ils a sauvés du naufrage , et sans lesquels il ne se tirerait pas d’affaire, le maintiennent dans la civilisation et par conséquent dans la société. Mais un contact moral lui est plus nécessaire encore, car il se découragerait vite s’il ne pouvait opposer à des difficultés sans cesse renaissantes qu’une force individuelle dont il sent les limites. Dans la société à laquelle il demeure idéalement attaché il puise de l’énergie ; il a beau ne pas la voir, elle est là qui le regarde : si le moi individuel conserve vivant et présent le moi social, il fera, isolé, ce qu’il ferait avec l’encouragement et même l’appui de la société tout entière. Ceux que les circonstances condamnent pour un temps à la solitude, et qui ne retrouvent pas en eux-mêmes les ressources de la vie intérieure profonde, savent ce qu’il en coûte de se « laisser aller », c’est-à-dire de ne pas fixer le moi individuel au niveau prescrit par le moi social. ils auront donc soin d’entretenir celui-ci, pour qu’il ne se relâche en rien de sa sévérité à l’égard de l’autre. Au besoin, ils lui chercheront un point d’appui matériel et artificiel. On se rappelle le garde forestier dont parle Kipling, seul dans sa maisonnette au milieu d’une forêt de l’Inde. Tous les soirs, il se met en habit noir pour dîner, « afin de ne pas perdre, dans son isolement, le respect de lui-même.

Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion

En 1932, Henri Bergson publie dans son ouvrage Les Deux Sources de la morale et de la religion cet extrait, qui lie le moi individuel au moi social. Nous pouvons dès lors, nous demander en quoi le moi individuel est lié au moi social.

I. Le moi social nous permet de garder un contact extérieur

a) Pour rester au contact de la société

Pour Bergson, nous avons un devoir en tant que personne, c'est de voir et de créer un lien social durant toute notre vie, nous nous sentons obligé d'avoir un lien social, ce qui veut dire partager ses idées et les défendre au sein d'une communauté. "Cultiver ce moi social est l'essentiel de notre obligation vis-à-vis de la société". La pensée de Bergson est que si nous n'allons pas voir des gens pour nous sociabiliser, nous n'avons pas rempli notre mission envers la société et aussi envers nous-même. Ça ne fait pas de nous de bons citoyens, respectueux des règles de la société.

a) Pour rester au contact d'autrui

Selon Bergson, aucun individu ne serait capable de rester seul indéfiniment. Une partie de lui le pousserait à aller voir d'autres individus, et même s'il voudrait rester seul il n'en serait pas capable. En effet il doit avoir des interactions avec les autres individus de la société pour son bien-être mental physique et moral. Et dans les faits il ne veut pas rester seul, parce qu'il sent bien que la plus grande partie de sa force vient de la société: "dans la société à laquelle il demeure idéalement attaché il puise de l’énergie".

II. Le moi social forge notre identité

a) Il nous fait garder en nous une part de la société

Pour Bergson, on peut pas rester seul car c'est la société qui nous forge. Elle forge notamment notre imagination, son langage "sa mémoire et son imagination vivent de ce que la société a mis en elles, parce que l’âme de la société est immanente au langage qu’il parle, et même si personne n’est là, même s’il ne fait que penser, il se parle encore à lui-même". La pensée de Bergson nous dit qu'il est impossible qu'une personne reste seule, car elle se crée grâce à la société. Une personne pourrait rester seule quelques jours, car il se crée des interactions avec la société, et de ces interactions elle peut en faire des interactions avec elle-même. Les interactions avec les sociétés sont un besoin naturel.

b) Il nous donne un point d'appui moral

Pour Bergson, les gens seuls ne seraient pas capables de

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