philosophie • dissertation • Annale bac 2014, Série L

Les œuvres d’art éduquent-elles notre perception ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

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I. Analyse du sujet

Ce sujet convoque deux notions du programme, l’art et la perception, qu’il faut veiller à ne pas traiter de façon autonome. Il est essentiel de construire la problématique à partir de l’articulation de ces deux notions.

Le sujet qui traite du pouvoir des œuvres sur la transformation (développement, amélioration du discernement perceptif, ouverture du champ de la perception) de notre perception est classique. Il est indispensable d’élucider cette notion de perception, d’examiner son statut pour prendre la mesure des effets que les œuvres d’art peuvent produire sur elle.

Il sera utile de s’appuyer sur des exemples, des œuvres d’art singulières d’autant qu’il est question des œuvres et non de l’art dans le sujet sans oublier la musique, la sculpture afin de ne pas limiter le sujet à la seule perception visuelle et de traiter la perception dans la diversité de ses aspects.

La formulation du sujet est simple et claire, ce qui ne dispense pas d’en produire une analyse précise. Quelques remarques :

1/ L’expérience esthétique est ici limitée aux œuvres d’art, ce qui semble exclure ce qu’on appelle traditionnellement le beau naturel, c’est-à-dire les produits de la nature susceptibles d’engendrer une émotion, un sentiment esthétique (un paysage pittoresque, un coucher de soleil, par exemple).

2/ La notion de perception implique un rapport sensible au monde, elle suppose donc les sens (vue, ouïe, toucher, odorat et goût). Cependant la perception n’est pas la sensation : la distinction entre sentir et percevoir est l’objet d’analyses qui ne sont pas convergentes chez les philosophes. Si le sens qu’on choisit de donner à cette distinction n’est pas essentiel ici, en revanche, il est important de faire cette distinction.

Le plus simple est de partir de l’étymologie du terme de perception (percipere = prendre ensemble) qui signale que la perception dépasse les sensations parce qu’elle les recueille, les saisit comme un tout ; elle ne se limite donc pas à un simple contact avec le monde mais peut s’accompagner d’un sentiment, d’une émotion, en quoi elle se distingue de la sensation, qui est traditionnellement conçue comme rapport sensible immédiat au monde. Dans tous les cas, l’immédiateté de ce rapport demande à être questionnée dans la mesure où nos impressions sensibles sont toujours informées par nos expériences, notre culture, notre éducation.

3/ Le sujet porte sur la capacité des œuvres à éduquer notre perception. Ce qui est ici en questi

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