I. Analyse du sujet
Ce sujet est classique en philosophie, mais présente peut-être une surprise pour les candidats et leurs professeurs dans la mesure où les mots ne renvoient pas à une notion du programme. L’énoncé se rapporte toutefois clairement au chapitre « La raison et le réel » et plus précisément aux notions : « La vérité », « Théorie et expérience » et « L’interprétation ». Il suppose aussi, pour faciliter la problématisation, la connaissance des repères conceptuels suivants : « objectif / subjectif », « comprendre / expliquer », « en théorie / en pratique ».
La science est au cœur du chapitre « La raison et le réel ». Que cherche à faire la raison face au réel ? Satisfaire sa curiosité, comme disait déjà Aristote. C’est le point de départ de la connaissance scientifique. Cependant, dès que la raison connaît, elle cherche à envisager autre chose que la seule connaissance théorique, elle cherche des applications pratiques. Ainsi, la science c’est l’ensemble des connaissances mais c’est aussi l’ensemble des ses applications pratiques. Par exemple : la connaissance d’une molécule et l’usage de cette molécule, pour un médicament.
Constater les faits : l’expression est moins simple qu’il ne paraît car la notion de fait peut être prise en deux sens différents. Dans un sens ordinaire, fait désigne un événement singulier localisable dans le temps et l’espace. Et constater les faits serait alors enregistrer passivement les événements de l’expérience. Mais la notion de fait peut être définie plus précisément, car un fait implique une relation entre des objets. Le fait est alors moins une donnée de l’expérience qu’une construction de la pensée. Quand on dit par exemple que la terre tourne autour du soleil, la rotation de la terre n’est pas seulement une donnée de la perception. Elle suppose la représentation d’un système de planètes où les astres ont des positions respectives et des orbites spécifiques. Et cela exige de s’arracher à la position « naturelle » de l’observateur, nécessairement partielle, pour produire une représentation modélisée complète du système solaire auquel l’homme appartient.
Enfin la notion de « limite » peut aussi être prise en deux sens. Un sens restrictif, qui définirait en quelque sorte une fonction minimale de la science : constater les faits, être capable d’une observation objective de ce qui est, par exemple à travers les éléments rigoureux de la mesure. Et un sens large, qui définirait la science au-delà de la simple constat