I. Analyse du sujet
C’est un sujet difficile qui engage des notions délicates, très ouvertes. Il demande en conséquence des définitions précises des notions de Croyance et de Raison, ainsi qu’un développement structuré et intelligemment illustré pour ne pas rester dans les généralités ou les abstractions.
II. Problématisation
La croyance et la raison partagent en commun une chose. Comme dit Kant, c’est "l’acte de tenir pour vrai".
La différence entre croyance et raison réside dans les modalités de cette vérité.
Quand elle est sous le signe de la raison, une vérité désigne une proposition conforme à la réalité. Cette conformité entre mon jugement et ce qui existe en fait peut être vérifiée, par exemple par une expérience, par une mesure ou par une démonstration.
Surtout cette vérité est, en droit et en fait, partageable avec quiconque possède les mêmes capacités de perception ou de raisonnement. Je peux montrer ou démontrer cette vérité à quiconque est disposé à l’entendre. Une vérité rationnelle est donc objective et universelle.
Une croyance est aussi une vérité pour celui qui la possède, mais c’est une vérité subjective. Elle est valable pour soi seul. Elle s’appuie sur un sentiment personnel, une évidence qu’on ne partage pas facilement. Ainsi quelqu’un peut-il croire en Dieu sans jamais pouvoir ni démontrer son sentiment ni en convaincre autrui par le raisonnement.
La croyance a de plus une force spécifique, c’est qu’elle peut résister à tous les arguments ou tous les faits qu’on lui objecte.
Par exemple, la mort injuste de quelqu’un qu’on aime n’entamera pas notre croyance dans la justice du dieu qu’on révère. Cette mort nous renverra simplement à la dimension incommensurable de l’humanité et de la divinité. Il y a des choses qui me dépassent et auxquelles je ne peux que me soumettre.
La croyance, ce n’est pourtant pas seulement la foi. Chacun de nous est pétri de croyances qui viennent de son existence sociale, de sa culture, de son éducation. Ces croyances tiennent aux expériences que nous avons déjà faites et qui ont dégagé des régularités, des espérances et des craintes. C’est ainsi qu’avant même d’entreprendre une action je peux déjà avoir l’idée du résultat qui m’attend. "Je sais" ce qui va arriver, et cette croyance peut guider mon action vers une fin espérée ou au contraire me dissuader d’entreprendre une action que je crois inutile ou désespérée. C’est ce qui se passe par exemple dans un choix d’orientation. L’échec de certains de me