I. L’avis du prof
Un sujet de philosophie politique assez classique qui renvoie à des débats très actuels.
La notion principale est la liberté, non pas tant envisagée du point de vue moral et personnel (problème du libre-arbitre) que du point de vue politique et collectif, puisque mise en relation avec la notion d’égalité, qui désigne un rapport entre les individus d’une même communauté.
La liberté, dans son sens le plus général, désigne l’absence de contraintes. L’étymologie du mot renvoie à sa dimension politique : du latin *liber*, qui désigne le statut politique et juridique du sujet de droit qui participe activement aux affaires publiques (citoyen), contrairement au *servus*, esclave privé de droits et d’accès à la vie publique. Du point de vue moral et psychologique, la liberté renvoie à la notion de libre-arbitre, c’est-à-dire la puissance de la volonté de se déterminer par elle-même, indépendamment de toute contrainte interne ou externe.
L’égalité désigne ici le principe selon lequel les individus d’une même communauté doivent être traités de la même façon, principe assez vague qui exige que l’on distingue et détermine au moins trois types d’égalité : égalité naturelle, égalité de droits, égalité de conditions.
Menacer, c’est mettre en danger réel ou imminent.
II. La problématique
On entend souvent que la liberté (d’exercer son libre-arbitre, d’agir, d’entreprendre ou même de s’épanouir et se distinguer) est mise en danger ou entravée par une tendance actuelle des sociétés au nivellement et au conformisme, et l’on impute cela à un égalitarisme exagéré. On oppose ainsi implicitement la liberté individuelle et l’égalité collective.
La question nous invite à réfléchir sur le rapport entre liberté et égalité. Jusqu’où entendre la notion d’égalité pour qu’elle puisse en même temps permettre une liberté commune sans mettre la collectivité sous le joug ni contraindre l’initiative individuelle ou l’épanouissement personnel ? Il s’agit donc aussi de penser la puissance et les limites de la loi.
III. La boîte à outils
Le principal danger d’un tel sujet est de substituer les opinions politiques ou les discours idéologiques au questionnement philosophique, mais des analyses nuancées d’exemples historiques ou même d’actualité politique étaient bienvenues.
L’idée que la liberté est menacée par l’égalité n’est pas nouvelle. On la trouve déjà chez Platon dans le discours de Callicles (Gorgias) sous une forme de critique plus générale de la loi comme conv