# Nietzsche, Tout ce qu’on appelle amour
## L’analyse du professeur
Rendu célèbre du commun des mortels pour son Dieu est mort, et sulfureux par son affirmation de la volonté de puissance comme moteur existentiel, Nietzsche occupe une place à part dans l’histoire de la philosophie, qu’il s’est d’ailleurs efforcé de déconstruire à coup de marteau. À cet égard, il n’est pas surprenant qu’il se soit fait le pourfendeur de la morale religieuse, et en soit venu à montrer que les valeurs les plus sacrées qu’elle pouvait véhiculer n’étaient que les oripeaux étroits d’une vertu de façade. Le texte qui est ici soumis à notre étude est un exemple frappant de cette dénonciation de l’hypocrisie morale, puisqu’il s’attache à montrer que l’amour (valeur centrale de la tradition chrétienne) n’est en réalité qu’une valorisation moralisante de la convoitise, ou le doux nom d’une pulsion de vie constitutive de notre fièvre d’acquisition des objets de notre désir. Faut-il alors accepter que l’amour puisse à ce point être rapproché d’un désir pêcheur ? Ne peut-on distinguer le noble sentiment de l’avidité affective ? Nous nous attacherons à montrer que le texte se fonde d’abord sur une lecture pulsionnelle rapprochant amour et convoitise. Nous en viendrons alors à comprendre pour quelle raison amour et convoitise ne sont que les deux expressions symétriques d’un désir de possession dans lequel se manifeste la force vitale de tout homme.
## Plan proposé
### Partie 1
a $\mathrm{i}i$ Tout ce qu’on appelle amour. - Convoitise et amour : quelle différence dans ce que nous éprouvons en entendant chacun de ces deux mots ! $\mathrm{i} / \mathrm{i}$ N s’appuie sur l’évidence pour montrer non seulement que nous faisons une différence fondamentale entre le sens de la convoitise (le fait de désirer posséder quelqu’un ou quelque chose, avec ce sens péjoratif du prédateur qui jette son dévolu sur l’objet de sa convoitise), et celui de l’amour (le fait d’éprouver un sentiment presque désintéressé à l’égard d’autrui, au point de pouvoir se sacrifier pour l’autre ainsi idéalisé), mais pour sous-entendre que cette différence est éprouvée, c’est-à-dire fait presque partie de la sensibilité commune (résultant alors d’un universel ou d’un général qui pose la question de l’origine de cette identité de sentiments).
b ; i, et cependant, il pourrait bien s’agir de la même pulsion, sous deux dénominations différentes, la première fois calomniée du point de vue de ceux qui possèdent déjà, chez qui