# La religion permet-elle à l’homme d’être heureux ?
## L’analyse du professeur
La religion semble induire un rapport contradictoire de l’homme au monde. La religion réunit les hommes ici-bas, les agrège en communauté et les rend solidaires, mais elle ne semble y parvenir qu’à la condition de leur faire ressentir la fragilité ou la relativité de l’existence, c’est-à-dire la tragique dépendance de tout ce qui est à l’égard d’une transcendance, d’un créateur supérieur. Le problème de ce sujet est donc de savoir si l’homme peut être heureux à partir du moment où il sait qu’il n’est pas vraiment maître de soi, libre et autonome mais que la fragilité de son existence s’explique par sa dépendance à l’égard d’un Dieu supérieur. Le paradoxe se situe dans le fait que, comme supérieur, Dieu est d’une part celui qui veille sur l’existence humaine (et qui le rassure ainsi puisque le cours des événements ne peut fondamentalement évoluer vers un mal), mais est d’autre part celui qui rappelle sans cesse à l’homme qu’il n’est qu’une créature fragile et faillible (qui peut sans cesse se tromper et être victime de son absence de connaissances et de certitudes). Peut-il y avoir un bonheur alors même que l’homme éprouve directement ses limites, sa finitude ?
## Plan proposé
### Partie 1
a En tant que croyance en une force supérieure et bienveillante, il semble tout d’abord que la religion induit un rapport de l’homme à Dieu qui permet à l’homme de mieux vivre parce qu’il sait qu’un Père veille à sa destinée.
b Rassuré moralement l’homme peut compter sur les autorités religieuses qui le guident dans ses actes quotidiens en lui prescrivant une morale.
c En outre, entre en religion signifie également s’unir à son prochain qui est aussi une créature du même Dieu, et vivre en harmonie avec les autres hommes.
### Partie 2
a Toutefois, l’expérience de la croyance est aussi l’expérience d’une faillibilité existentielle qu’éprouve à chaque instant un homme qui n’est pas maître de soi et
ne sait pas où le conduisent ses pas.
b Plus radicalement, l’homme connaît par Dieu sa fragilité essentielle, sa dépendance ontologique, au regard de laquelle il doit concéder son ignorance, sa petitesse et sa corruption originelle.
Enfin, le fait même de se placer son existence sous la direction des préceptes de la morale fait de l’homme un enfant en l’attente des conseils de ses pères. L’homme devient alors irresponsable et peut être la victime de ceux qui détourneraient la morale et la cr