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La conscience est-elle le propre de l’homme ?

Publié le : • Proposé par : adelebrt (élève)

Ce corrigé correspond à une dissertation de philosophie de niveau lycée (classe de Terminale générale). Ce sujet est celui de mon bac blanc au quel j ai eu 19/20.

La conscience désigne la capacité de percevoir le monde, de penser, mais aussi d’avoir conscience de soi-même. Être conscient, c’est savoir que l’on existe, réfléchir à ses actes, à ses pensées et à ses émotions. La conscience semble ainsi distinguer l’homme des autres êtres vivants : l’animal agit souvent par instinct, tandis que l’homme paraît capable de réflexion, de jugement moral et de remise en question.

Depuis l’Antiquité, de nombreux philosophes ont donc considéré la conscience comme ce qui définit principalement l’être humain. Descartes, par exemple, affirme que la pensée consciente constitue la preuve même de notre existence. Pourtant, cette idée peut être discutée. Certains animaux semblent posséder une forme de conscience, tandis que l’existence de l’inconscient chez Freud montre que l’homme lui-même n’est pas totalement transparent à lui-même.

On peut alors se demander si la conscience est réellement le propre de l’homme. La conscience distingue-t-elle absolument l’homme de l’animal ou existe-t-il d’autres formes de conscience ?

Nous verrons d’abord que la conscience semble caractériser essentiellement l’être humain. Nous montrerons ensuite que cette idée doit être nuancée, car l’homme n’est pas totalement maître de sa conscience et certains animaux possèdent des formes de conscience. Enfin, nous verrons que si la conscience n’est peut-être pas exclusivement humaine, la conscience réflexive et morale semble néanmoins constituer une spécificité de l’homme.

I. La conscience semble être ce qui distingue l’homme des autres êtres vivants

a) La conscience de soi caractérise l’homme

L’homme ne se contente pas de vivre ou de ressentir : il sait qu’il existe. Il peut réfléchir sur lui-même, analyser ses pensées et prendre conscience de son identité.

Descartes fait de cette conscience de soi le fondement de toute certitude. Dans le Discours de la méthode, il affirme :Je pense donc je suis.

Même si tout peut être remis en doute, une chose demeure certaine : lorsque je pense, je suis conscient de penser, donc j’existe.

La conscience apparaît ainsi comme ce qui définit l’homme de manière essentielle. Contrairement à l’animal, l’homme peut se prendre lui-même comme objet de réflexion. Il peut se demander :qui il est ; ce qu’il doit faire ; quel sens donner à sa vie.

Cette capacité de réflexion semble faire de la conscience le propre de l’homme.

b) La conscience permet la liberté et la responsabilité

Parce qu’il est conscient, l’homme semble capable de choisir ses actes et d’en assumer les conséquences.

L’animal agit principalement selon ses instincts ou ses besoins naturels, tandis que l’homme peut réfléchir avant d’agir. Il possède une conscience morale qui lui permet de distinguer le bien du mal.

Rousseau considère d’ailleurs la conscience morale comme une :voix intérieure.

Cette conscience guide l’homme dans ses choix et lui permet de juger ses propres actions.

Par exemple, lorsqu’un individu ressent de la culpabilité après avoir menti ou blessé quelqu’un, cela montre qu’il possède une conscience morale.

La conscience semble donc être liée :à la liberté ; à la responsabilité ; et à la morale.

Ces capacités paraissent spécifiquement humaines.

c) La conscience permet la culture et le progrès

L’homme est également capable de transformer le monde grâce à sa conscience.

Parce qu’il réfléchit, il peut :inventer des techniques ; créer des œuvres d’art ; développer des sciences ; construire des sociétés organisées.

Hegel considère ainsi que la conscience permet à l’homme de se dépasser et de transformer la nature.

Contrairement à l’animal qui reste généralement enfermé dans des comportements répétitifs, l’homme accumule des connaissances et transmet une culture de génération en génération.

La conscience semble donc être à l’origine :
du langage ; de la pensée ; de la civilisation.

Cela renforce l’idée qu’elle constitue le propre de l’homme.

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II. Pourtant, la conscience n’est pas exclusivement humaine

a) Certains animaux semblent posséder une forme de conscience

Même si la conscience humaine paraît plus développée, certains animaux montrent des comportements qui ressemblent à une forme de conscience.

Par exemple :

* les chimpanzés reconnaissent leur reflet dans un miroir ;
* certains dauphins ou éléphants manifestent des émotions complexes ;
* des animaux peuvent apprendre, mémoriser ou résoudre des problèmes.

Ces comportements montrent que les animaux ne sont peut-être pas de simples machines guidées uniquement par l’instinct.

Darwin souligne d’ailleurs la continuité entre l’homme et l’animal. Selon lui, les différences entre eux sont davantage des différences de degré que de nature.

Ainsi, l’homme ne posséderait pas une conscience totalement unique, mais une conscience plus développée.

b) L’existence de l’inconscient limite la maîtrise de la conscience humaine

Freud remet profondément en cause l’idée selon laquelle l’homme serait entièrement conscient de lui-même.

Selon lui, une grande partie de notre vie psychique est inconsciente :désirs refoulés ;
pulsions ; traumatismes ; rêves.

Freud affirme :

Le moi n’est pas maître dans sa propre maison.

Nous croyons souvent agir librement et consciemment, alors que nos comportements sont influencés par des mécanismes inconscients.

Les lapsus ou les actes manqués montrent justement que certaines pensées échappent à notre conscience.

Ainsi, si la conscience définissait totalement l’homme, cela signifierait que l’homme se connaît parfaitement lui-même, ce qui semble faux.

c) La conscience peut être trompeuse

La conscience ne nous donne pas toujours une connaissance exacte du réel ou de nous-mêmes.

Nos émotions, nos désirs ou notre éducation peuvent déformer notre jugement. Nous pouvons croire être libres alors que nous sommes influencés par : la société ; nos passions ; nos habitudes.

Spinoza explique que les hommes :

se croient libres parce qu’ils sont conscients de leurs actions, mais ignorants des causes qui les déterminent.

Par exemple, une personne peut penser choisir librement une opinion politique ou un mode de vie alors qu’elle reproduit inconsciemment les valeurs de son milieu social.

La conscience humaine possède donc des limites importantes.

III. La conscience réflexive et morale semble néanmoins propre à l’homme

a) L’homme est capable d’une conscience réflexive

Même si certains animaux possèdent une forme de conscience, l’homme semble être le seul capable de développer une véritable conscience réflexive.

La conscience réflexive consiste à penser sa propre pensée :

* réfléchir sur soi-même ;
* analyser ses idées ;
* se remettre en question.

L’homme peut méditer sur : sa vie ; son avenir ; sa mort ; le sens de son existence.

Pascal montre que cette capacité rend l’homme à la fois grand et misérable :

L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant.

La conscience réflexive donne donc à l’homme une profondeur particulière.

b) La conscience morale distingue l’homme

L’homme ne se contente pas de vivre ; il se demande aussi ce qu’il doit faire.

Kant montre que l’homme possède une conscience morale capable de formuler des devoirs universels.

Ainsi, l’homme peut agir :par devoir ; par respect de la morale ; même contre ses intérêts personnels.

Par exemple, une personne peut choisir d’aider quelqu’un en difficulté alors qu’elle n’en retire aucun avantage.

Cette capacité morale semble dépasser les simples instincts naturels.

c) La conscience permet à l’homme de donner un sens à son existence

Enfin, la conscience permet à l’homme de construire sa propre existence.

Sartre affirme que l’homme est libre et responsable de ce qu’il devient :L’existence précède l’essence.

Contrairement à l’animal, dont les comportements sont largement déterminés par la nature, l’homme doit choisir lui-même le sens de sa vie.

La conscience lui permet donc de se projeter dans l’avenir ; de faire des projets ; de transformer sa propre existence.

Même si l’homme n’est pas totalement transparent à lui-même, sa capacité à réfléchir sur son existence reste une caractéristique profondément humaine.

Conclusion

La conscience semble d’abord être le propre de l’homme puisqu’elle lui permet de penser, de se connaître ; d’agir moralement ; et de transformer le monde.

Cependant, cette idée doit être nuancée. Certains animaux possèdent des formes de conscience, et l’existence de l’inconscient montre que l’homme lui-même n’est pas totalement conscient de ce qui le détermine.

Néanmoins, si la conscience n’est pas exclusivement humaine, la conscience réflexive, morale et existentielle semble constituer une spécificité essentielle de l’homme. L’être humain apparaît ainsi comme le seul être capable de réfléchir profondément sur lui-même, sur ses actes et sur le sens de son existence.