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Badiou, L’éthique. Essai sur la conscience du Mal: L’homme, immortel

Dernière mise à jour : 26/04/2021
Proposé par: amandineb (élève)

Description du corrigé: Commentaire en deux parties:
I. La considération de l’Homme en tant que victime le dénature complètement,
II. Les droits de l’Immortel.
Commentaire du professeur: "Il s’agit d’une excellente explication, rigoureuse, maitrisée, engagée et très riche. Certes, vous n’analysez pas toutes les données du texte mais vous êtes dans a logique, vous rendez très exactement compte de la démarche argumentative de l’auteur. Il s’agit d’un magnifique travail. 19/20".

Texte étudié:

Tout d’abord, parce que l’état de victime, de bête souffrante, de mourant décharné, assimile l’homme à sa substructure animale, à sa pure et simple identité de vivant (la vie, comme le dit Bichat, n’est que « l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort »). Certes, l’humanité est une espèce animale. Elle est mortelle et prédatrice. Mais ni l’un ni l’autre de ces rôles ne peuvent la singulariser dans le monde du vivant. En tant que bourreau, l’homme est une abjection animale, mais il faut avoir le courage de dire qu’en tant que victime, il ne vaut en général pas mieux. Tous les récits des torturés et de rescapés l’indiquent avec force : si les bourreaux ou les bureaucrates des cachots et des camps peuvent traiter les victimes comme des animaux promis à l’abattoir, et avec lesquels eux, les criminels bien nourris, n’ont rien de commun, c’est que les victimes sont bel et bien devenues de tels animaux. On a fait ce qu’il fallait pour ça. Que certaines cependant soient encore des hommes, et en témoignent, est un fait avéré. Mais justement, c’est toujours par un effort inouï, salué par ses témoins –qu’il éveille à une reconnaissance radieuse- comme une résistance presque incompréhensible, en eux, de ce qui ne coïncide pas avec l’identité de victime. Là est l’Homme, si on tient à le penser : dans ce qui fait, comme le dit Varlam Chamalov dans ses Récits de la vie des camps, qu’il s’agit d’une bête autrement résistante que les chevaux, non par son corps fragile, mais par son obstination à demeurer ce qu’il est, c’est-à-dire, précisément, autre chose qu’une victime, autre chose qu’un être-pour-la-mort, et donc : autre chose qu’un mortel.

Un immortel : voilà ce que les pires situations qui puissent lui être infligées démontrent qu’est l’homme, pour autant qu’il se singularise dans le flot multiforme et rapace de la vie. Pour penser quoi que ce soit concernant l’Homme, c’est de là qu’il faut partir. En sorte que s’il existe des « droits de l’homme », ce ne sont sûrement pas des droits de la vie contre la mort, ou des droits de la survie contre la misère. Ce sont les droits de l’Immortel, s’affirmant pour eux-mêmes, ou les droits de l’Infini exerçant leur souveraineté sur la contingence de la souffrance et de la mort. Qu’à la fin nous mourrions tous et qu’il n’y ait que poussière ne change rien à l’identité de l’Homme comme immortel, dans l’instant où il affirme ce qu’il est au rebours du vouloir-être-un-animal auquel la circonstance l’expose. Et chaque homme, on le sait, imprévisiblement, est capable d’être cet immortel, dans de grandes ou de petites circonstances, pour une importante ou secondaire vérité, peu importe. Dans tous les cas, la subjectivation est immortelle, et fait l’Homme. En dehors de quoi existe une espèce biologique, un « bipède sans plumes » dont le charme n’est pas évident.

Badiou, L’éthique. Essai sur la conscience du Mal

Dans son Essai sur la conscience du Mal, Alain Badiou vient de nous monter que l’Ethique telle que nous la concevons dans notre société, et découlant de celle-ci, notre conception actuelle des Droits de l’Homme, viennent définir l’Homme comme celui étant capable de se reconnaître soi-même en tant que victime. Mais Badiou d’oppose farouchement à cette thèse et va, pour la contrer, développer trois raisons. Le texte est extrait de la première de ces raisons. Car, en effet, placer l’Homme en tant que victime, qu’est-ce que cela signifie ? Nous verrons que Badiou va nous montrer que la considération de l’Homme en tant que victime le dénature complètement, lui ôte tout ce qui fait de lui un Homme. Et évidemment, par suite, il va nous montrer ce qui fait vraiment l’Humanité, ce qui nous définit vraiment en tant qu’Homme, et non en tant qu’animal vivant, c'est-à-dire notre singularité immortelle, telle qu’il la nomme dans le titre de son troisième paragraphe.

I. La considération de l’Homme en tant que victime le dénature complètement

Etre vivant plutôt qu'existant

Un immortel, voilà, ce que sait être l’Homme. Un immortel, non au sens littéral du terme qui nous amènerait à penser que l’Homme ne peut pas mourir, mais plus évidemment au sens où l’Homme est capable de s’abstraire de son instinct de survie, au sens ou il peut agir en ayant conscience de provoquer sa propre mort.

La qualité de vivant, cette substructure animale que nous possédons tous, nous pousse, de manière impulsive, à agir contre la mort, à la repousser, et cela sans y réfléchir, car dans cette optique là, nous ne vivons, comme le dit Bichat, que pour résister à la mort. Or nous ne nous contentons pas de vivre, nous existons. Et c’est en cela que nous nous distinguons de toutes les autres espèces animales. Et cette existence se marque par notre capacité à soustraire toute situation à l’idée de survie pour la subjectiviser, pour la traiter simplement avec notre raison, notre logos, notre conscience. En cela, nous devenons immortels, car la mort ne commande plus nos actions, nous ne sommes plus dépendants d’elle. Lorsque nous agissons de la sorte, nous nous singularisons du flot multiforme et rapace de la vie, ce qui signifie que nous n’agissons pas simplement en tant que vivant mais plutôt en tant qu’existant, plaçant notre conscience et notre logos au-dessus de notre propre vie, préférant mourir existant que de rester simplement vivant, animal, asservi, dépossédé de toute forme d’humanité. L’Homme préférant mourir debout plutôt que de vivre à genoux, tel un animal, dormant sur le sol, dépendant d’autres que lui-même, mendiant chaque jour sa ration de nourriture à un autre, cet homme là préfère simplement mourir dignement, c'est-à-dire mourir Homme, plutôt que de vivre le restant de sa vie en animal.

Les droits de l'homme puissant

Et c’est en cela que Badiou s’oppose aux Droits de l’Homme tels que nous les concevons aujourd’hui pour la grande majorité : ces droits ne doivent pas être les droits de la vie contre la mort, car ils rabaissent même temps incapable de lutter seul pour celle-ci, dépendant d’autres hommes plus puissants que lui, à priori (car en réalité, seule cette vision erronée de la réalité place certains hommes au dessus des autres).

Seule la pitié que nous éprouvons envers ces êtres que nous considérons comme inférieurs nourrit les droits de l’Homme, et cette pitié rabaisse les hommes à leur statut d’animal vivant, et rien de plus. Or l’Homme est bien plus que ça, les droits de l’Homme devraient alors être, comme le dit Badiou, les droits de l’Immortel, puisque tel est le véritable et inéluctable propre de l’Homme. Ils devraient être les Droits de l’Homme de s’affirmer en tant qu’Homme, de refuser de devenir un animal, même si cela signifie mourir. Des droits s’affirmant pour eux même, c'est-à-dire non des droits visant à conserver le vivant, mais des droits ayant simplement pour but de préserver l’Homme en sa qualité d’existant, et donc d’Immortel, au-delà de toute considération impulsive de la mort et de la souffrance. Des droits qui aboliraient définitivement la complète domination de la peur de la mort et de la souffrance sur nos existences, des droits qui rétabliraient l’équilibre en nous rappelant que notre conscience est immortelle, infinie, et qu’elle dépasse allègrement toute les considérations mortelles de la vie et de la mort. Des droits qui viendraient nous rappeler que l’Occident n’est pas le bienfaiteur universel venant héroïquement sauver le Tiers-monde de sa misère, misère ne venant évidemment pas de leur impéritie, (c'est-à-dire de leur incapacité à se gérer eux même) comme nous nous complaisons à le croire. Des droits qui rendraient à ces hommes leur Humanité en nous remettant à notre place d’Homme et non de super-Homme occidental capable d’assumer et d’assurer la paix dans un monde que nous percevons comme in civilisé, et que donc par la tenante, nous méprisons totalement. Les droits de l’Homme devraient placer tout les hommes à égalité et non nous conforter dans l’idée ou nous serions au-dessus de ces autres que nous aurions à civiliser. Et nous aurions à les civiliser car ils sont à nos yeux, en contradiction avec notre morale, c'est-à-dire avec l’idée que nous nous faisons de ce qu’un homme doit faire, ou comment un homme doit agir pour ne pas « faire mal », pour ne pas « agir mal ».

L'éthique n'est pas ethnocentrée

La morale correspond donc à une idée globale sur la façon dont l’homme, pensé comme un sujet invariant, sorti de tout contexte, de toute situation, doit agir, car faire le contraire serait agir mal. La morale touche aux mœurs donc, c'est-à-dire à l’idée que l’on peut considérer l’homme comme une unité répliquée invariablement tout autour du monde et à laquelle s’appliquent toujours inexorablement les mêmes lois. Mais c’est une erreur, et souhaiter appliquer notre morale occidentalo-chrétienne à une planète entière révèle une ambition démesurée de notre part. Nous devrions plus exactement réfléchir en terme d’éthique, mais non pas l’éthique telle que nous la voyons aujourd’hui, c'est-à-dire comme l’exacte jumelle de la morale. Car en effet, l’éthique nous amène bien à penser «  comment agir pour ne pas agir mal », mais l’éthique est plus singulière et plus spontanée car elle inclue dans ce jugement du bien et du mal d’un acte, la situation au cours de laquelle cet acte a été commis, et par qui il a été commis. L’éthique prend donc en compte la pluralité des sujets humains et des situations dans lesquelles ils sont en permanence immergés. Réfléchir en termes d’éthique est donc bien plus proche de l’Humanité, et de l’homme dans sa réalité. Lorsque nous sommes confronté à une civilisation différente de la notre, nous ne devrions pas tenter de leur faire appliquer les droits de l’Homme comme une morale universelle, mais plutôt tenter de les comprendre, de nous adapter à leur conception du monde, et de les juger, non pas avec notre morale qui est propre à notre civilisation, mais plutôt avec notre éthique, qui nous pousse à les juger en tenant compte de leur propre morale, mais aussi du ou des sujet singuliers mis en cause ainsi que de la situation qui les pousse à agir de la sorte.

II. Les droits de l’Immortel

La morale des Droits de l’Homme est insensé car (nous le verrons plus bas), elle nous induit dans l’erreur par sa vision globalisante de l’Humanité et nous pousse à considérer ceux qui ne la suivent pas comme des êtres inférieurs, comme des animaux. Réfléchir en terme d’éthique des droits de l’homme nous ferait peut être considérer ces gens comme nos égaux, et nous ferait donc cesser par la tenante de les transformer en bêtes à dresser, et à ce moment là, nos droits de l’Homme seraient les droits de l’Immortel puisque nous considérerions ces hommes comme nos égaux et qu’ainsi nous cesserions de croire que les droits de l’Homme sont uniquement le droit de la vie contre la mort.

Une existence immortelle

Car en effet, occidentaux que nous sommes, nos droits les plus légitimes sont les droits d’expression, de libre arbitre,…, et donc finalement, le droit de rester Homme, avec son intégrité, c'est-à-dire sa conscience. Nous voyons bien que nous ne nous appliquons pas comme droit, le droit de lutter contre la mort, à tout prix. Ainsi, si nous considérions ces autres comme nos égaux, nos droits de l’Homme seraient les droits de l’Immortel. Et plus encore, il est intéressant de remarquer à quel point notre volonté de lutter contre la mort est paradoxale car quelque soit le chemin pour y arriver, l’issue de notre vie est toujours la mort. Il n’en est en revanche pas de même pour notre existence, si tenté que l’on se singularise, comme le dit Badiou, pour affirmer notre humanité en s’opposant au vouloir-être-un-animal, en refusant de renoncer à notre humanité, en refusant de devenir l’animal que la circonstance nous impose de devenir. Qu’importe au final que l’issue de cette décision soit la mort puisque l’Homme y arrive inéluctablement. Mais en mourant de la sorte, l’Homme devient immortel par l’affirmation de sa conscience, c'est-à-dire de son existence, qu’importe la mort, il n’est pas la victime que les circonstances veulent faire de lui, il est Homme, simplement et en même temps entièrement Homme, pas un soupçon d’animalité en lui, juste sa conscience dominant toute pulsion de survie. Cette conscience qui nous rappelle que tout n’est que contingence, que nous avons toujours le choix, qu’en tant qu’Homme, nous n’avons pas, comme le dit Kant, d’instinct de survie, et que nous avons alors toujours le choix de ne pas nous abaisser à une animalité vulgaire et avilissante. Et c’est pour cela que Badiou nous dit que nous savons que tous les hommes sont capables d’une telle immortalité, tous, quelque soit la circonstance, que l’on soit torturé au fond d’un cachot pendant la guerre d’Algérie où simplement un citoyen menacé parce qu’il a des opinions différentes, que la cause soit petite ou grande, l’essentiel est de ne jamais renoncer à ses convictions, à ce qui nous fait, à ce que nous sommes.

Les droits de l'homme non universels

L’essentiel est de ne jamais renoncer à notre conscience pour des raisons matérielles ou par crainte de la mort, car notre conscience est bien plus précieuse que tout autre chose. Seule la conscience est immortelle, seule la conscience s’affirme pour elle-même et sans aucune considération extérieure à ce qu’elle estime juste. Et c’est aussi pour cela que la volonté de créer des Droits de l’Homme que l’on estime universels est paradoxale. Tout d’abord parce que les Droits de l’Homme tels que nous les connaissons aujourd’hui sont complètement occidentaux, voire complètement français. Ils découlent d’une culture chrétienne profondément ancrée dans nos sociétés. Bien sûr, dans cette configuration, ils nous semblent justes, équitables, et donc universalisable par notre fâcheuse manie à penser que ce que l’occident pense est ce que le monde doit penser. N’est-ce pas la preuve d’un énorme ethnocentrisme de notre part ? Nous l’avons dit, chaque homme se définit par sa conscience, et la conscience de chacun est unique, alors lorsque nous décidons de créer des Droits de L’Homme, en pensant l’Homme comme une structure transcendantale invariante, c’est à penser que tous les hommes fonctionnent de la même façon, qu’à chacun d’entre nous ne sont pas applicables des lois qui s’attacheraient à la singularité de chacun, de chaque acte et de chaque situation, mais une sorte de loi universelle et globale, qui juge chacun de nous pas des règles extérieures, extrinsèques à la singularité de chaque personne dans une situation donnée, s’appuyant sur une théorie abstraite et totalement en marge de la réalité, c'est-à-dire cette globalisation qui tend à faire de l’homme ce sujet universel et invariant. Et la globalité nous induit en erreur. Il est impossible de penser l’humanité sous un seul angle, dans sa globalité, car seules les situations singulières sont analysables, au cas par cas, selon les individus et les circonstances. C’est pour cela que les Droits de l’Homme ne sont finalement pas dans le vrai lorsqu’on les applique dans leur vision globale, valorisante de l’occident, et abaissante de ceux à qui l’on vient en aide, et que l’on traite en victimes sous-développées. N’est-ce pas finalement une belle façon de flatter notre égo que de se dire que nous, l’ «occident», détenons la justice universelle, que nous sommes capables de savoir ce qui est bon pour le monde entier sans connaître un brin de leur culture, simplement en s’imaginant que nos vie sont transposables à l’univers entier et que par là, notre façon de concevoir l’Homme doit être unique, universelle, et consensuelle, et ainsi que tout ceux qui ne la partage pas sont des êtres auxquels nous devons venir en aide car ils sont parfaitement incapables à nos yeux de s’en sortir seuls.

Aidons-nous vraiment ces gens en les rabaissant systématiquement à l’état d’animal à dresser ? Nous leur offrons à bras ouvert, et au nom des droits de l’Homme, le moule qui fera d’eux l’exact opposé d’Hommes civilisés, nous les transformons par notre pitié condescendante en animaux décharnés, les yeux tourné vers cet « occident » que nous les faisons voir comme celui qui viendra les sortir de leur misère. Nous ôtons à ces gens toute capacité à être autonomes, c'est-à-dire incapables de se donner à eux même leurs propres lois, et ainsi incapables de savoir se gérer seuls, car nous les rendons dépendants de nous, et il faut bien le dire, cela nous flatte. Nous les empêchons de se construire seuls, et de s’en sortir seuls. Nous les empêchons simplement de se régir eux même, par leurs propres lois, car nous les considérons comme mauvaises, et cela parce qu’elles ne correspondent pas à nos fameux Droits de l’Homme occidentaux. Nous leur ôtons finalement leur conscience au nom des Droits de l’Homme, car nous refusons de les voir comme nos égaux.

Sans conscience, l'homme n'est plus homme

Et pourtant, seule la conscience est immortelle, et seule la conscience fait l’Homme, au sens d’Homme existant, et pas simplement animal vivant. Alors sommes-nous responsables d’un génocide d’existants? Un homme renonçant à sa conscience, pour quelque raison que ce soit, est un homme qui renonce à lui-même, à son humanité, à sa singularité immortelle, et devient donc irrémédiablement un animal simplement définit par son refus de la mort, coûte que coûte. Mais l’homme n’est pas un animal, il n’a, comme nous l’affirme Kant, pas à proprement parler d’instinct, il est uniquement définit par son unique conscience. Alors, lorsqu’il y renonce, que devient-il ? Pas un véritable animal, car il n’est pas adapté à lutter contre la mort simplement parce que la vie ne l’a pas doté des instincts nécessaires. Ainsi, l’Homme sans conscience, devient une sorte de parasite défectueux, dépendant des autres, dépendant de la pitié que les autres ont de lui. Sans dignité aucune, sans conscience, il est un homme mort, un corps sans âme, un flacon sans essence, une chose qu’aucun Homme attaché à sa conscience, à sa liberté, à sa dignité et donc à son humanité ne souhaiterai devenir. Et pourtant notre société, notre vision des Droits de l’Homme nous pousse à considérer les gens du tiers monde, et bien d’autres, au sein même de nos sociétés, comme cela, et nous ne nous contentons pas de les voir ainsi, nous les poussons à le devenir par notre pitié, par nos actes à leur égard.

Finalement, nos Droits de l’Homme ont l’exact l’effet inverse de ce qu’ils devraient. Au lieu d’affirmer et de protéger l’homme en tant qu’immortel, il fait de l’homme cette sorte d’animal quémandant notre aide pour sa propre survie, renonçant à sa conscience pour elle. Et nous, nous nous complaisons dans cette vision des choses où nous nous attribuons le beau rôle, où nous ne cessons de nous flatter, accentuant encore la taille de notre égo surdimensionné, et continuant à fermer les yeux sur notre culpabilité, tous autant que nous sommes.

Conclusion

Ainsi, Badiou nous montre dans ce texte que notre façon de considérer l’éthique et les Droits de l’Homme nous rend coupables de dénaturer l’Homme que nous transformons en un homme capable de se définir comme, et uniquement comme une victime, faisant ainsi de lui un simple animal vivant, dépossédé de cette singularité immortelle qui fait l’Homme dans toute son Humanité. Les droits de l’Homme ne sont pas une mauvaise chose, mais c’est notre façon de les comprendre et de les appliquer qui les rend mauvais. Ce texte engagé amène une profonde remise en question du monde occidental, mais également une grande remise en question de nous-mêmes et de notre vision de l’Homme en tant qu’Homme véritable, c'est-à-dire sur notre conception de ce qui fait vraiment un homme, et donc sur ce qui nous définit nous même, c'est-à-dire non notre vie mais notre existence.

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