Bac philo 2016 – Série 5
# Faut-il démontrer pour savoir ?
Avertissement : il ne s’agit ici que de pistes de réflexion et non d’une copie type nécessairement attendue par vos correcteurs. D’autres approches, d’autres thèses et arguments sont possibles.
# Introduction / Problématisation
Le philosophe Arthur Schopenhauer raconte qu’il avait été consterné en sortant d’une représentation du Phèdre de Racine d’entendre un célèbre mathématicien qui, lui aussi, avait assisté au spectacle, dire en haussant les épaules : « mais qu’est-ce que cela prouve ? » Cette anecdote nous montre que la compréhension d’une œuvre peut reposer sur des exigences qui diffèrent d’un homme à un autre. Il est donc légitime de nous interroger sur ce qui fait la justesse d’un savoir.
La démonstration est un raisonnement qui permet d’établir la nécessité d’une vérité. Elle procède par enchaînement logique en respectant des règles rigoureuses. Savoir, c’est connaître, c’est-à-dire avoir à l’esprit un certain objet de pensée vrai ou réel. Se demander si pour savoir, il est nécessaire de démontrer revient à s’interroger sur ce qui rend une connaissance fiable. A priori, il semble en effet que si un savoir est le résultat d’une démonstration, il devient indubitable. Mais n’y a-t-il pas des connaissances qui ne s’obtiennent pas par démonstration ? Et si oui, d’où tirent-elles leur validité ? La question, au fond, nous renvoie au débat qui oppose le positivisme, selon lequel n’est vrai que ce qui est démontrable, aux métaphysiciens qui estiment qu’il y a des vérités qui échappent à la science.
# Partie I.
# La nécessité de la démonstration
Aristote affirmait qu’on ne sait vraiment que ce qu’on sait enseigner. Il n’est pas douteux en effet que celui qui par didactisme explique en utilisant des syllogismes comment atteindre un certain résultat non seulement montrera qu’il maîtrise son savoir, mais, de surcroît, qu’il le rend transmissible. Dans le Ménon, Platon explique que s’il y a bien un savoir fondé sur la seule expérience, ce savoir reste pauvre. Ainsi on ne pourrait pas dire qu’un homme à qui on demande comment se rendre dans la ville de Larisse depuis Athènes posséderait véritablement le savoir de l’itinéraire s’il était obligé d’accompagner le voyageur pour lui montrer à chaque fois où il faut tourner.
La démonstration apporte donc au savoir sa valeur d’universalité. Elle permet d’affirmer que telle connaissance est vraie dans tous les cas puisqu’il suffirait de réitérer la démon