philosophie • dissertation

Faut-il toujours dire la vérité, toute la vérité ?

Publié le : • Proposé par : D. Moulinier (professeur)

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# Faut-il toujours dire la vérité, toute la vérité ?

6-7 minutes

Le mensonge est bien souvent considéré comme la faute morale par excellence, et la Religion fait état d’une « Sainte horreur du mensonge »... Pourquoi ? Pourquoi faudrait-il toujours dire la vérité, toute la vérité ? Ne dit-on pas, au contraire, que « toute vérité n’est pas bonne à dire » ?

La vérité est, par excellence, ce que nous désirons savoir. Elle possède un sens formel (la cohérence du discours) et un sens matériel (la conformité avec le réel). Mais les deux sont liés, spécialement quand il s’agit d’être sincère, honnête, bref de ne pas mentir : je dis la vérité quand mon discours est cohérent parce que conforme à la réalité ! C’est du moins ce qu’autrui attend de moi quand je m’adresse à lui. Il est clair que l’expression « dire la vérité » sous-entend qu’on s’adresse à autrui. Le problème prend donc immédiatement une tournure éthique ou morale : quand il s’agit de parler et de communiquer, le respect pour la vérité est inséparable du respect pour autrui. Le devoir est ainsi au cœur du problème (« faut-il »). Quelle va être la priorité de mon devoir : la vérité absolue et sans condition, le bien et l’intérêt d’autrui, ou les deux réunis ? Dire la vérité, est-ce toujours « bon » pour moi-même et pour autrui ?

Deux mots permettent de préciser le problème : « toujours » et « toute ». « Toujours » indique le caractère inconditionnel et universel d’une action (quelques soient les circonstances, de temps et de lieux, etc.). « Toute » renvoie à la totalité et, d’une certaine façon, à l’idée d’absolu. Dire toujours la vérité, ou dire toute la vérité, est-ce la même chose ? Peut-on séparer, ou du moins distinguer les deux obligations, comme le suggère l’articulation de la phrase marquée par la virgule ?

Dans un premier temps, nous tenterons de maintenir ensemble les deux obligations, toujours et toute ; puis nous les relativiserons également ensemble (pas toujours, pas toute), avant de proposer une solution faisant droit à la moralité mais non à l’intransigeance aveugle : toujours certes, mais pas toute tout le temps, à tout moment et n’importe comment.

I – Dire toujours toute la vérité ?

1) Le concept d’une vérité absolue s’impose de lui-même, dira-t-on : si la vérité représente l’adéquation de l’Idée et de la chose, une vérité amputée n’exprime plus aucune unité et se commue en erreur. Dieu dans la religion, l’Un ou l’Être en métaphysique, sont les autres noms de la vérité. Ceux qui l

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