philosophie • dissertation

Dire d’autrui qu’il est mon semblable, est-ce dire qu’il me ressemble ?

Publié le : • Proposé par : Youpi98, Terminale (élève)

Ce corrigé, originellement sur le site homepages.vub.ac.be, a été importé comme une archive au format PDF à télécharger.

Dire d’autrui qu’il est mon semblable, est-ce dire qu’il me ressemble ?

## Introduction

Un clip d’une chaîne de télévision musicale américaine montre une succession de visages différents. A chaque visage est substituée progressivement son image radiographique. L’idée est la suivante : par-delà les différences de couleur, de sexe, de coutume esthétique, nous avons tous le même crâne. Mais n’est-ce pas là interpréter le message du clip ? En effet, nous savons qu’il ne s’agit pas du même crâne. Nous partageons seulement une ressemblance : nos crânes sont ressemblants. Pourquoi alors cette lecture spontanément infidèle à la lettre même du message ? Parce que nous apercevons la difficulté qu’il y a à fonder la reconnaissance de lautre comme objet de mon respect, ce qu’on appelle "mon semblable". est-ce celui qui m’est identique, ou est-ce celui qui me ressemble ? Spontanément, nous avons opté pour la première solution. Le travail du philosophe consiste à dépasser l’opinion spontanée, simple préjugé, pour atteindre le jugement fondé. Aussi nous faut-il examiner cette question : la reconnaissance du lien moral avec autrui peut-elle naître d’un constat de ressemblance ou d’identité ? Mais qu’est-ce qui les différencie ? Plus précisément, qu’est-ce que "ressembler" ?

## Partie 1

Examinons ce concept de "ressemblance", et voyons comment il peut fonder une relation morale avec autrui.

Si A ressemble à B, cela signifie que A n’est pas identique à B. Comprenons bien cet aspect de la signification du concept : je ressemble à mon père, je ne suis pas mon père. La ressemblance vient après la différence qui est première ou fondamentale. Ainsi, le concept pose des individus singuliers : il y a moi, il y a l’autre, il y a une irréductible différence (je suis fondamentalement moi différent de l’autre, et réciproquement) et des points communs (il y a moins de différences entre nos deux crânes, qu’entre nos crânes et ceux du chimpanzés). Ce qui ressemble peut éventuellement s’assembler, mais est d’abord distinct. Posant au départ la différence, la ressemblance exclut de conclure à l’identité.

Construire un lien moral avec autrui sur le critère de ressemblance implique donc cette hypothèse implicite qu’autrui est fondamentalement distinct de moi. Il est, nous sommes des êtres fondamentalement singuliers, des individus. Mais par-delà cette singularité qui nous distingue, nous pourrions reconnaître des convergences. Sur ces "ressemblances", pouvons-nous fonder un rapport de r

Téléchargez le document au format PDF
Obtenez un accès immédiat à tous les contenus premium