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Kant, Logique: connaissances empiriques et rationnelles

Corrigé entièrement rédigé en trois parties : I. Le caractère absolu des connaissances empiriques, II. L’influence de préjugés sur les connaissances rationnelles, III. L’inévitable recours au préjugé.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: nomicos (élève) •

Texte étudié

Lorsque, dans les matières qui se fondent sur l'expérience et le témoignage, nous bâtissons notre connaissance sur l'autorité d'autrui, nous ne nous rendons ainsi coupables d'aucun préjugé ; car, dans ce genre de choses, puisque nous ne pouvons faire nous-mêmes l'expérience de tout ni le comprendre par notre propre intelligence, il faut bien que l'autorité de la personne soit le fondement de nos jugements. Mais lorsque nous faisons de l'autorité d'autrui le fondement de notre assentiment à I'égard de connaissances rationnelles, alors nous admettons ces connaissances comme simple préjugé. Car c'est de façon anonyme que valent les vérités rationnelles ; il ne s'agit pas alors de demander : qui a dit cela ? mais bien qu'a-t-il dit ? Peu importe si une connaissance a une noble origine ; le penchant à suivre l'autorité des grands hommes n'en est pas moins très répandu tant à cause de la faiblesse des lumières personnelles que par désir d'imiter ce qui nous est présenté comme grand.

Kant, Logique

Le préjugé est une idée reçue qui ne nécessite aucune participation du raisonnement et de la réflexion. Il s’agit en effet de juger en s’appuyant sur les propos d’autrui sans se poser de question et sans remettre en question les propos déjà affirmés comme vrais. Dans cet extrait de Kant, l’auteur s’intéresse à la manière de manier le préjugé utilisé pour la quête de la vérité. Lorsque nous sommes coupables d’un préjugé selon Kant, cela signifie que nous fondons nos connaissances sur l’autorité d’autrui. Quand faut rejeter l’autorité d’autrui pour parvenir à la vérité ? D’après Kant les connaissances fondées sur l’expérience et le témoignage ne découlent pas de préjugé contrairement aux connaissances rationnelles admises comme juste par le biais du préjugé. Dans un premier temps nous allons étudier le caractère absolu des connaissances empiriques considérées comme des valeurs sûres, ensuite l’influence de préjugés sur les connaissances rationnelles et enfin l’inévitable recours au préjugé.

En premier point, Kant s’intéresse aux connaissances qui sont acquises par la pratique « l’expérience et le témoignage ». Ces dernières peuvent être constatées par nous même ou bien par autrui : elle reposent bien sur un fait, une observation qui ne peut pas être critiquée, ni réfutée. Ainsi dans ce cas on ne fait pas appel aux préjugés, puisque les résultats d’une expérience ne peuvent pas être remis en cause, notre raisonnement n’est pas sollicité. Le fait d’accepter les résultats d’une expérience que nous ne pouvons pas exécuter nous même ne nous rend pas coupable de préjuger, notre jugement n’est pas passif, il accepte juste ce qui ne peut pas être nié. Un préjugé étant un jugement que nous émettons sans réflexion personnelle : ne pas faire usage de sa raison, est une faute selon les philosophes. Les préjugés sont donc les grands ennemis des philosophes qui forgent leur savoir selon leur propre expérience et de leur propre réflexion. Mais lorsque l’expérience personnelle est impossible, le fait d’accorder comme vrai le témoignage des hommes compétents est-il risqué ? Peut on faire confiance aux témoignages des scientifiques ou historiens par exemple ?
Selon Kant l’on peut enrichir ses connaissances à partir de choses dont on a pas forcement été témoin : « il faut bien que l’autorité de la personne soit le fondement de nos jugements ». Ne pas croire parce qu’il n’y a pas de preuve signifie, ne pas saisir des connaissances qui nous sont à porter de main. L’attitude des hommes de science nous poussent à saisir toutes les opportunité pour enrichir notre savoir et développer notre esprit critique : l’expérience et le témoignage même s’ils ne sont pas vérifiés par nous même, nous donnent cette opportunité sans qu’on soit pour autant considéré comme dépourvus de raisonnement. Aussi il est nécessaire de faire appel à sa raison, même si le témoignage porte sur un événement dont nous n’avons pas pu faire l’expérience, afin de pouvoir croire les propos d’autrui. Sinon tous les témoignages pourraient être considérés comme vrais, c’est qui s’avère impossible puisque ils ne sont pas tous en accord les uns avec les autres.

Kant oppose au domaine des connaissances empiriques les connaissances rationnelles qui s’acquièrent par la raison et par une réflexion personnelle. Selon lui chaque personne doit se forger sa propre opinion, son propre chemin pour parvenir à la vérité. Faire confiance aux propos de grands scientifiques ou philosophes incarne la passivité : « nous admettons ces connaissances comme simple préjugé ». Il s’agit de tourner le dos à la réflexion et au développement d’une démonstration personnelle : selon Kant repenser, réfuter et critiquer les propos de l’autorité, c’est ouvrir son esprit à la réflexion et au savoir. En effet, ce qui fait le préjugé, ce n’est pas ce que contient le jugement, mais l’attitude de celui qui admet pour vrai les idées développées par l’autorité d’autrui : « le fondement de notre assentiment à l’égard de connaissances rationnelles ». Une connaissance qui n’est pas repensée et démontrée est considérée comme un préjugé pour celui qui l’admet sans utiliser sa raison et sa réflexion pour la comprendre. Ainsi ce que Kant veut dire, c’est qu’il faut assimiler les connaissances peu à peu en s’y penchant dessus intellectuellement et non pas l’intégrer directement dans son discours, sa pensée, sans s’interroger sur les fondements de celle ci.
« C’est de façon anonyme que valent les vérités rationnelles », d’après Kant, ce n’est pas l’auteur d’une connaissance rationnelle qui importe mais le contenu de cette dernière. En effet l’auteur d’une théorème, d’une loi est une personne unique mais les interprétations de ces connaissances sont multiples : chacun interprète, comprend et exploite ces vérités à sa propre manière. Ainsi dans le domaine des connaissances rationnelles l’autorité d’autrui nous met en quelque sorte sur la voie du savoir en nous proposant les fondamentaux et les conventions : pour ne pas succomber à la facilité et sombrer dans la passivité du préjugé, il faut apprendre à juger nous-mêmes les découvertes des grands hommes en réétudiant les raisonnements qui les ont conduits à élaborer de telles théories.

Dans cet extrait de Kant, le préjugé est présenté comme inévitable : « le penchant à suivre l’autorité des grands hommes n’en est pas moins très répandu tant à cause de la faiblesse des lumières personnelles ». En effet le manque de compétence qu’il soit dans le domaine scientifique ou philosophique par exemple pousse l’homme à s’inspirer des grandes figures pensantes « par désir d’imiter ce qui nous est présenté comme « grand » » qui ont marqué l’histoire par leurs grandes découvertes. Or ce que Kant explique c’est qu’il faut s’inspirer de ces scientifiques, comprendre leurs démonstrations, leurs raisonnements et savoir les reproduire mais non pas se soumettre à l’autorité d’autrui. Il faut adopter un esprit critique et garder en esprit l’optique de la recherche de la vérité : imiter les grands hommes de science ne suffit pas a Kant. Or affirmer qu’on est capable de suivre les raisonnements des grands philosophes et qu’on peut critiquer leur thèse, est une forme de prétention : « l’autorité personnelles, sert, indirectement, à flatter notre vanité. »

La manifestation de préjugés, symbolise l’absence de raisonnement, et s’avère être un obstacle à la connaissance. Chaque homme s’enrichit du témoignage de l’expérience des autres : ainsi l’autorité d’autrui peut être source de savoir et participe au progrès de la recherche de la vérité si le témoignage est bien vérifié par la raison. Une enquête et des cherches rationnelles sont nécessaire pour savoir si l’on peut faire confiance au témoignage. Pour ce qui est des connaissances rationnelles, une réflexion approfondie est nécessaire pour les assimiler et l’autorité d’autrui n’est pas totalement nécessaire pour maitriser certaines compétences. Ainsi l’autorité n’est pas rejetée totalement, elle nous sert d’exemple et d’inspiration pour accéder à la vérité.