# Peut-on tout dire ?
17-22 minutes
## Introduction.
"C’est dans les mots que nous pensons" dit **HEGEL** dans la **Phénoménologie de l’Esprit**, d’où la reconnaissance d’un lien étroit entre dire et penser, et non a priori dire et savoir.
Fondements de l’analyse du sujet dans la recherche des liens qui unissent parole et pensée, le dore et le penser dans la création des univers mentaux mais aussi des formes possibles de communication intersubjectives des hommes.
## Annonce du plan de la dissertation.
### 1. L’impensable et l’indicible.
Analyse des rapports qui existent entre dire et penser, où on cherche à définir les conséquences qu’implique une pensée encore rudimentaire ou limitée sur la fonction de langage et de communication.
### 1. 1. L’infini, l’absolu, le néant.
L’homme a du mal à concevoir, même par image ou métaphore, ce qu’est la réalité, voire la vérité, dans leurs degrés les plus hauts, qu’il dénomme l’absolu ou l’infini par commodité, ainsi que l’absolu ou l’infini inverses, le néant.
Il y a en ce sens toujours chez lui une formulation relative qui ne pose pas de problèmes majeurs si ce n’est quand ces mêmes idées s’avèrent centrales et décisives. Exemple : la difficulté que rencontre le physicien à exprimer :
1/ l’infini de l’univers,
2/ le néant supposé entourer l’univers, le soutenir ;
3/ la possibilité contraire d’un univers supérieur au nôtre, et le contenant
comme un infini d’infini (cf. le théorème de CANTOR appliqué à l’astrophysique).
Le recours à l’imagination est alors légitime comme outil de représentation mais demeure de peu de secours pour la démonstration car les imaginaires se rencontrent et s’opposent : problème de la formulation d’une abstraction et de son interprétation précise et cohérente.
## 1. 2. Les limites de la pensée sont aussi celles du dire.
Dans ce cadre, sitôt que nous ne pouvons pas penser, il nous est de fait impossible de signifier, i. e. ; dire en ajoutant un sens à la simple parole.
En est-il de même dans le sens inverse : dire peut-il aider à penser ?
Exemple de la définition de Dieu dans 2 cadres doctrinaux opposés : la pensée biblique fondée sur l’interprétation de l’Ancien Testament par le Talmud et la pensée des premiers Pères de l’Église.
Dans le 1er cas : Dieu, être par définition absolu et inconnaisable, est pensé grâce au secours des noms divins, chaque nom signifiant une qualité reconnue de son essence infinie. D’où la tentation, et la nécessité, de multiplier presque sans fin ses