philosophie • dissertation

L’exercice du doute est-il le monopole du philosophe ?

Publié le : • Proposé par : D. Moulinier (professeur)

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# L’exercice du doute est-il le monopole du philosophe ?

6-8 minutes

## Analyse du sujet

"Philosophe" : Celui qui exerce une réflexion essentiellement libre, quoique informée et rigoureuse. Il faudra se demander si cette définition s’applique indifféremment au « peuple » et au « professionnel » de la philosophie. D’où la question du...

"Monopole" : l’exclusivité d’une pratique, d’un commerce.

Domination sans partage. Cela pose le problème du « pouvoir » de la philosophie : peut-elle revendiquer un monopole, si elle est libre ? Un monopole devrait apporter l’assurance d’une domination, or le philosophe...

"Doute". On peut à tout le moins distinguer deux sortes de doute : 1) le doute naturel et spontané : hésitation due à l’incertitude d’une assertion ou à la non-prépondérance de raisons d’agir ; 2) le doute philosophique : il repose sur la résolution de douter. Il présente lui-même deux figures, le doute sceptique et le doute méthodique. Le premier, qui peut aller jusqu’au trouble informulé, semble plutôt passif, tandis que le second, prenant l’aspect formel de l’interrogation, semble en effet le nerf de la philosophie.

Le terme « exercice » apporte un présupposé : le doute est précisément une activité, positive et volontaire. # Problématisation

Or le sujet semble remettre en cause ces définitions, ainsi que le clivage (déjà philosophique) entre deux formes de doute.

Si l’on ressaisit l’intégralité de la question « L’exercice du doute est-il le monopole du philosophe ? », on s’aperçoit que la question porte avant tout sur le sens de la philosophie elle-même. L’énoncé présuppose que l’exercice du doute caractérise déjà la philosophie. Néanmoins il faudra bien préciser ce qu’on entend par « philosophie », quels sont les pouvoirs et les limites de cette discipline (de cet état d’esprit ?).

S’il est avéré que tout philosophe pratique couramment le doute, tout homme entrain de douter serait-il un philosophe en puissance ? Ou bien le doute philosophique (le « vrai » doute) est-il décidément spécifique, comme réservé ? Mais alors, de quelle espèce de doute parle-on exactement ? Pourquoi douter ? L’enjeu est-il la connaissance ou l’existence elle-même ? Le doute n’est-il pas finalement une chose trop sérieuse pour le laisser aux seuls philosophes ?

## I - Les formes communes ou « pré-philosophiques » du doute

1) Les formes psychologiques et affectives du doute : a) Je doute de mes capacités ou de la valeur de mes actions lorsque j’ai peur (éprouver le « 

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