Descartes, Discours de la méthode : Conscience de soi et doute (2)

Voici mon commentaire de texte, totalement rédigé. Note obtenue : 14/20 (en sachant que la meilleure était 15/20 !)

Dernière mise à jour : • Proposé par: Helene02120212 (élève)

Texte étudié

J'avais dès longtemps remarqué que pour les mœurs il est besoin quelquefois de suivre des opinions qu'on sait être fort incertaines, tout de même que si elles étaient indubitables, ainsi qu'il a été dit ci-dessus : mais pour ce qu'alors je désirais vaquer seulement à la recherche de la vérité, je pensai qu'il fallait que je fisse tout le contraire, et que je rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s'il ne resterait point après cela quelque chose en ma créance qui fût entièrement indubitable. Ainsi, à cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulus supposer qu'il n'y avait aucune chose qui fût telle qu'ils nous la font imaginer ; et parce qu'il y a des hommes qui se méprennent en raisonnant, même touchant les plus simples matières de géométrie, et y font des paralogismes, jugeant que j'étais sujet à faillir autant qu'aucun autre, je rejetai comme fausses toutes les raisons que j'avais prises auparavant pour démonstrations ; et enfin, considérant que toutes les mêmes pensées que nous avons étant éveillés nous peuvent aussi venir quand nous dormons, sans qu'il y en ait aucune pour lors qui soit vraie, je me résolus de feindre que toutes les choses qui m'étaient jamais entrées en l'esprit n'étaient non plus vraies que les illusions de mes songes. Mais aussitôt après je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi qui le pensais fusse quelque chose ; et remarquant que cette vérité : Je pense, donc je suis, était si ferme et si assurée, que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas capables de l'ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir sans scrupule pour le premier principe de la philosophie que je cherchais.

Descartes, Discours de la méthode

Descartes, rationaliste, va nous montrer, dans son texte tiré de son Discours sur la méthode, son intention de trouver une vérité indubitable « pour bien conduire la raison et chercher la vérité dans les sciences ». Selon lui, la seule chose dont on peut vraiment être sûr est le fait qu’on pense, donc qu’on existe. Afin d’arriver à cette thèse, Descartes va utiliser un doute absolu et systématique : il va examiner et remettre en question chaque chose qui nous entoure, ainsi que les choses auxquels nous faisons le plus confiance, à savoir nos sens et les mathématiques, et va considérer que tout n’est qu’illusion, même la réalité du monde.

Le problème que pose l’affirmation « je pense, donc je suis » est le suivant : Descartes prétend construire tout un système philosophique autour de cette affirmation mais comment peut-il fonder une théorie sur une phrase dont il est le seul à avoir la possibilité de la vérifier, voire de la réfuter et dont pour le moment il est le seul à croire ? Comment une science peut-elle reposer sur un critère à priori subjectif ?

Le passage que nous allons étudier commence avec l’une des constatations de Descartes : la manière de penser qu’ont les gens à son époque. En effet, il dit que, dans le domaine de la pratique, de la morale, de l’action, du comportement, les gens ont tendance, quand ils en ont besoin, donc très souvent, à suivre des opinions qu’ils savent fort incertaines, en faisant comme si elles ne pouvaient être remises en question, qu’ils ont tendance à ne pas douter d’opinions qui peuvent être fausses. Ils acceptent donc l’incertain et suivent l’attitude commune. Ils n’ont pas le temps de chercher une « certitude absolue », aussi ils préfèrent suivre les auteurs anciens, leurs théories, ainsi que des opinions préconçues. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas d’incertitudes, ils en ont bien évidemment, mais elles sont souvent passagères et ils préfèrent choisir l’opinion la plus probable, en consultant des livres par exemple. Ils ne se rendent pas forcément compte de l’erreur qu’ils font, car beaucoup ont cette manière de penser et suivent des opinions de ce type depuis leur enfance. Descartes va s’opposer à ce mode de pensée, à cette forme de tradition et va donc remettre en question toutes les connaissances acquises. Il nous explique pourquoi il agit de la sorte, en nous présentant son projet. Il désire en effet se consacrer à la recherche de la vérité. Il veut que tout l’édifice du savoir, des sciences repose sur qu

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