# dissertation csh hec (29/04/09)
Sujet : Est-ce faire honneur à la Beauté que de la traiter comme un symbole ?
Note : 19/20
Les symboles nous environnent, nous encerclent et nous emprisonnent. Leur présence ne nous étonne même plus ; ils ne se conçoivent plus que sur le mode de l’évidence, souvent non questionnée. Quoi de plus banal que de se soumettre passivement à leur jeu, de penser à travers eux, par eux, au dedans d’eux, en suivant l’élan auquel ils nous invitent. Pourtant, l’étymologie grecque du terme « symbole » nous offre l’occasion de repenser cette notion pour retrouver ses racines d’où sa signification est issue. Un symbole serait un papier, divisé en deux par autant de parties contractantes (à l’origine deux familles), et dont les deux morceaux seraient conservés précieusement dans l’attente de retrouver leur autre moitié correspondante.
Mais la Beauté, quant à elle, peine à être définie et cette difficulté n’est point sans risque de confusion, d’assimilation hâtive à une autre notion plus ou moins proche. Ces courantes tentatives de cerner (ne serait-ce même que simplement de s’approcher de) l’essence-même de la Beauté, par le biais d’associations terminologiques, peuvent nous faire craindre une pure et simple dénaturation de la Beauté. En suivant d’ailleurs cette frénésie du rapprochement de concepts, pourquoi ne considérerions-nous pas la Beauté comme un vulgaire symbole (comme un ridicule bout de papier) ? Lui accordons-nous un bien plus grand honneur lorsque nous nous empressons de la rattacher au « Bon » ou au « Bien » ? Essayons plutôt de laisser la Beauté se dire, s’offrir à nous, et dès lors, en lui accordant une digne présence et reconnaissance, peut-être verrons-nous si elle se trouve effectivement dans le symbole, ou bien au-delà ou en deçà de lui.
transcendentale, ouvrant vers un absolu où se trouve peut-être la véritable Beauté (1), nous lui faisons sans doute trop honneur. Elle pourrait bien se trouver cachée derrière le symbole, symbole qui, par ailleurs, pourrait nous plonger dans l’illusion de l’existence de la Beauté (2). Mais la phénoménologie possède quelques éléments de réponse à ces oppositions premières. Il conviendra alors de réenvisager, d’une manière nouvelle et originale, la Beauté comme puissance symbolique, comme avènement de l’Etre-chose dans l’ouvert (3).
(1) Dans son *Introduction à l’esthétique*, Hegel définit le Beau (artistique) comme étant la « manifestation sensible de l’Idée » qui préside à la réalis