Ne nous est-il jamais arrivé de discuter avec quelqu’un, et de voir que cette personne partage une idée différente de la nôtre alors qu’elle nous semble pourtant si évidente ? La discussion et les interactions sociales font en effet partie de notre vie quotidienne, et il serait miraculeux que nous ne tombions jamais de notre vie sur au moins un interlocuteur qui n’ait pas la même opinion que nous. Parfois, le débat ne prend pas de fin, alors un des deux en conclut que « chacun a sa vérité ». La vérité, objectif ultime de nombreux philosophes, pourrait être définie parmi de nombreuses définitions, comme l’adéquation entre une pensée et la chose. Cette notion de vérité implique en plus de cela l’universalité. Autrement dit, c’est la conformité exacte entre ce que je pense et la réalité par rapport à laquelle mon idée se réfère.
Cependant, ce que moi j’émets comme pensée est-il la conformité unique à la réalité ? De cela découlent deux choses, l’une : ou bien il faut accepter que toute vérité soit subjective, car tout ce qui est vrai dépend du point de vue de chacun, mais alors il n’y a plus de différence entre le vrai et le faux et plus rien ne sert de communiquer, ou bien toute vérité est absolue, car il n’y a qu’une seule position objective, mais alors on doit rigoureusement vérifier quelle position est la correcte. Finalement, est-il raisonnable de dire : « à chacun sa vérité » ?
En étudiant d’abord la possibilité d’une vérité subjective et propre à chacun, nous finirons par n’avoir nul autre choix que d’avouer qu’il n’existe qu’une seule transcription exacte de la réalité. Mais reconnaître qu’il n’y a effectivement qu’une seule conformité objective entre l’idée d’une chose et sa réalité, c’est se lancer dans une longue quête d’une vérité objective à partir d’outils limités.
I. Il y a plusieurs vérités
Tout d’abord, la subjectivité, c’est une possession personnelle, une considération de la réalité qui est intime à chaque être en fonction de ses expériences personnelles et de son environnement culturel. Si la vérité est subjective, en toute logique, cela impliquerait en conséquence que la vérité est différente et personnelle pour tous.
a) L'invitation à la tolérance
Dire que chacun a sa vérité peut être perçu comme une invitation à l’ouverture d’esprit et la tolérance. Elle peut aussi signifier qu’on reconnaît ne pas détenir la vérité absolue. Cette humilité venant de soi peut souligner par ce biais l’importance d’une coe