Voltaire, Candide, ou l'Optimisme - chapitre 3

Fiche en 2 parties : I. Eloge apparent de champ de bataille, peinture ironique, II. Cruauté et absurdité de la guerre

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: Floflo (élève) •

Texte étudié

Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque.

Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum chacun dans son camp, il prit le parti d’aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d’abord un village voisin ; il était en cendres : c’était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros rendaient les derniers soupirs ; d’autres, à demi brûlées, criaient qu’on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.

Voltaire, Candide, ou l'Optimisme - chapitre 3

Problématique : Par quels moyens Voltaire dénonce-t-il la guerre dans cet extrait?

I. Eloge apparent du champ de bataille, peinture ironique

a. Guerre = spectacle esthétique

- adjectifs mélioratifs "beau", "brillant", "leste"
-anaphore "si" qui donne un rythme musical et insiste sur l'aspect esthétique
-champ lexical de l'harmonie : instruments "les hautbois", "les tambours" montre le bonheur visuel et auditif, l'énumération donne un aspect de fanfare, un rythme joyeux pour le premier paragraphe

b. Guerre déshumanisée

-champ de bataille qui devient un jeu, les soldats sont comme de plomb "renversèrent"
-armes qui agissent seules "les canons renversèrent", "les baïonnettes furent la raison..."
-vocabulaire de l'approximation, "une trentaine" "neuf à dix mille"
-"coquins qui en infectaient la surface" : guerre désincarnée qui assainit l'humanité. Nous montre l'ironie de voltaire qui critique ceux qui pensent que la guerre est nécessaire.

c. Réalité derrière le spectacle

-"boucherie héroïque" oxymore ironie
-"harmonie" opposée à "enfer" antithèse, Voltaire dénonce la violence de la guerre par l'ironie

II. Cruauté, absurdité de la guerre

a. La satire

-"Te Deum" dénonce les princes, le fait de se servir de la religion pour justifier la guerre

b. Tableau pathétique

-choquer et émouvoir, choix de victimes faibles "enfants' "femmes" "vieillards"
-description réaliste choquante : "jambes coupées", "cervelles" déshumanisation, morceau de corps
-violence extrême : "éventrées", "mamelles sanglantes" antithèse vie/mort

c. La position de Candide

-spectateur puisqu'il s'enfuit "tremblait comme un philosophe" lâcheté des philosophes qui ne font que penser. Il dénonce Leibniz qui ne veut pas s'attarder sur une vision négative du monde
Apologue, candide découvre l'atrocité de la guerre.

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