Marx, Le Manifeste du parti communiste: La lutte des classes

Explication de texte rédigée par l'élève.
Note obtenue: 16/20 (donné en exemple par le professeur).

Dernière mise à jour : 20/04/2021 • Proposé par: nko_8 (élève) •

Texte étudié

L'Histoire de toute société jusqu'à nos jours, c'est l'histoire de la lutte des classes. Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, en un mot : oppresseurs et opprimés, se sont trouvés en constante opposition; ils ont mené une lutte sans répit, tantôt déguisée, tantôt ouverte, qui chaque fois finissait soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la ruine des diverses classes en lutte.

Aux époques historiques anciennes, nous trouvons presque partout une organisation complète de la société en classes distinctes, une hiérarchie variée de positions sociales. Dans la Rome antique, nous avons des patriciens, des chevaliers, des plébéiens, des esclaves ; au Moyen Âge, des seigneurs, des vassaux, des maîtres, des compagnons, des serfs ; et, dans presque chacune de ces classes, de nouvelles divisions hiérarchiques.

La société bourgeoise moderne, qui est issue des ruines de la société féodale, n'a pas surmonté les vieux antagonismes de classes. Elle a mis en place des classes nouvelles, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte.

Toutefois, notre époque – l'époque de la bourgeoisie – se distingue des autres par un trait particulier : elle a simplifié les antagonismes de classes. De plus en plus, la société se divise en deux grands camps ennemis, en deux grandes classes qui s'affrontent directement : la bourgeoisie et le prolétariat.

Marx, Le Manifeste du parti communiste

Introduction

Karl Marx se présente comme un grand philosophe, économiste et militant politique allemand d'origine juive du XIXème siècle. Karl Marx développe une philosophie basée sur la lutte des classes (exploitants et exploités) qui, d’après lui, est le moteur de l'histoire. Proche de lui se trouve Friedrich Engels, théoricien et de même philosophe allemand, ensembles ils rédigent le Manifeste du Parti communiste en 1848.

Cet ouvrage présente justement la conception des classes d’après Marx et Engels, il argumente la fonction que possèdent les classes en temps que propulseurs de l’histoire. L’énigme qui se pose donc est de savoir comment est-ce que la présence et coexistence des classes intervertissent l’histoire.

Idées Essentielles

Dans le premier mouvement du texte, les auteurs mettent en place leur thèse d’origine : "l’histoire de la lutte des classes’’ (l.1-2), en opposant en énumération des classes contraires et en annoncent l’idée de révolution due à ce constant et omniprésent contraste.

Ensuite, ils réalisent une analyse historique et culturelle des sociétés et de leurs classes. Ils parcourent l’histoire dès l’antiquité, en passant par le moyen âge, et aboutissent à leur époque.

Enfin, Marx et Engels approfondissent sur le cas de ce qu’ils appellent "notre époque, l’époque de la bourgeoisie’’ (l.21-22). Ils déclarent le conflit qui existe entre le prolétariat et la bourgeoisie, et comment celui-ci constitue en fait une implication dans l’histoire.

Démarche

-Depuis "L’histoire de" (l.1) jusqu’à "luttes de classes" (l.2) :
Marx et Engels débutent leur texte en déclarent à travers une phrase affirmative qui ouvre leur explication justifiante à suivre que "L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de luttes de classes.

-Depuis "Homme libre" (l.3) jusqu’à "classes en lutte" (l.7-8) :
Pour introduire leur explication les auteurs citent plusieurs exemples dans les quels la rivalité des classes est prouvé avoir mené à une rupture dans la société.

-Depuis "Dans les premières" (l.9) jusqu’à "nouvelle hiérarchie particulière" (l.16) :
Le raisonnement mène les auteurs à faire une analyse chronologique qui décrit la façon dont les sociétés au cours de l’histoire sont divisé par une hiérarchie de classes bien définies qui elles-mêmes sont hiérarchisés.

-Depuis "La société bourgeoise" (l.16) jusqu’à "antagonisme des classes" (l.19) :
En s’approchant d’une conclusion, Marx et Friedrich affirment que la lutte des classes existe dans leur propre société.

-Depuis "Elle n’a fait" (l.17) jusqu’à "et le prolétariat" (l.23-24) :
Même si le conflit continue, il est "Cependant’’ (l.20) modifié par rapport à celui qui se donnait historiquement puisque il n’y a plus que deux "camps ennemis […] qui s’affrontent directement : la bourgeoisie et le prolétariat’’ (l.22-24).

-Depuis "La bourgeoisie a" (l.25) jusqu’à "révolutionnaire" (l.26) :
Ils concluent que le statut qu’a la bourgeoisie dans l’histoire est remarquablement agitateur.

Explication de texte

Karl Marx et Friedrich Engels commencent cet extrait avec la mise en place de la position sur la quelle ils basent l’argumentation tout le long du texte : "L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de luttes de classes’’ (l.1-2).

À titre d’exemple, les auteurs citent plusieurs couples de classes opposés. D’entre ces couples, ils évoquent des personnages de différentes époques et de différentes sociétés. Mais non seulement ces classes sont en opposition, elles mènent une bataille qui se donne soit de façon explicite, soit de façon hypocrite ("tantôt ouverte, tantôt dissimulée’’ (l.5-6)). Et, d’après leur conception, ces batailles achèvent par une rupture abrupte du mode le vie de la société en question ou en outre cas par la fin des deux classes antithétiques ("une lutte qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la disparition des deux classes en lutte.’’ (l.6-8)).

Marx et Engels passent des classes aux hiérarchies qui constituent en fait un ensemble de classes rangées en un ordre spécifique, soit un ordre économique, soit un ordre de statut social (qui s’accompagne d’un niveau économique aussi). Cette hiérarchisation se donne depuis "les premières époques historiques’’ (l.9). Ce phénomène est donc visible dans l’exemple précis de la Rome antique, où la société est divisée en institutions religieuses, politiques, constituées par les patriciens, et militaires, où sont inclus les chevaliers, en plus des esclaves et des autres institutions sociales, comme les plébéiens. La structuration en classes est aussi présente dans les états européens au Moyen âge ou, comme en Rome antique, il y a des "oppresseurs et opprimés’’ (l.4). La noblesse, par exemple, est divisée en une sous-hiérarchie qui place les rois, les seigneurs, les ducs, les comtes, les dames, etc. comme le sont toutes les classes de la plupart des hiérarchies.

Une société féodale est celle qui se base sur une organisation définie des terres et des personnes qui se donne surtout en Europe du Xème au XVème siècle, mais dont la même structure se présente en Asie, en Afrique et en Amérique. Au XIXème l’état allemand est organisé sur la base et les traces de cette féodalité, les classes existent donc toujours, et bien sûr, elles s’opposent. Cependant le cours du temps a changé les conditions du conflit, il n’y a plus que deux grandes classes qui combattent, celle qui opprime, qui est la bourgeoisie capitaliste qui a les moyens et les biens de production, et celle qui est opprimée, qui est le prolétariat qui ne constitue plus une classe d’esclaves, mais plutôt une classe d’ouvriers qui reçoivent un salaire en échange de leur force de travail.

La lutte des classes constitue donc un principe fondamental de l’explication historique. Tout phénomène historique peut être considéré comme l’expression de la lutte des classes, et particulièrement les bouleversements sociaux, que Marx interprète comme le moment où une classe sociale modifie l’ancien ordre social et politique en devenant dominante.