Hobbes, De Homine: Le langage

Dernière mise à jour : 07/06/2021 • Proposé par: Pierre-Jean Haution (professeur) •

Texte étudié

Le langage, ou parole, est l’enchaînement des mots que les hommes ont établis arbitrairement pour signifier la succession des concepts de ce que nous pensons. Ainsi, ce que le vocable est à l’idée ou concept d’une seule chose, la parole l’est à la démarche de l’esprit. Et elle semble être propre à l’homme. Car encore qu’il y ait des bêtes qui conçoivent (instruites par l’usage) ce que nous voulons et ordonnons suivant des mots, ce n’est pas Suivant des mots en tant que mots qu’elles le font, mais en tant que signes ; car elles ignorent quelle signification l’arbitraire humain leur a donné.
Quant à la communication vocale à l’intérieur d’une même espèce animale, ce n’est pas un langage, car ce n’est pas par leur libre arbitre mais par le cours inéluctable de leur nature que les cris animaux signifiant l’espoir, la crainte, la joie et les autres passions, servent d’organe à ces mêmes passions. (...) Ces cris ne sont pourtant pas un langage, car ils ne dépendent pas de la volonté, mais jaillissent, par le pouvoir de la nature, à partir du sentiment particulier à chacun : la crainte, la joie, le désir, et les autres passions ; voilà qui n’est pas parler.

Hobbes, De Homine - chap. x, art. 1

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