L'inconscient peut-il être objet de science ?

Corrigé en trois parties : I) Oui, inconscient dynamique, Freud, II) Oui, inconscient non freudien.. au sens de la biologie, III) Non. l'inconscient, ça pense. il s'agit des passions. Introduction entièrement rédigée. Développement sous forme de plan non détaillé.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: inconnue69 (élève) •

Lors d'un procès criminel, il est de règle de faire appel à des experts pour déterminer le degré de responsabilité de l'accusé. Ce dernier en effet est sensé avoir agit librement, en toute connaissance de cause: dans le cas contraire, s'il s'avérait que son inconscient, cette zone d'ombre dont le psychisme humain semble affligé, soit à l'origine de ses actions, alors sa responsabilité ne pourrait être engagé. C'est accorder un énorme pouvoir aux experts, pouvoir fondé sur leur savoir: ils disposeraient aujourd'hui de connaissances scientifiques suffisantes sur l'inconscient pour pouvoir se prononcer avec une marge d'erreur faible. Cependant nombreux sont les cas où les experts ne sont pas d'accord, où leurs analyses sont démenties: l'opinion commune en vient à douter que l'inconscient puisse être objet de science ...

Ce que l'on nomme aujourd'hui inconscient, en suivant en général l'usage freudien, correspond à cette série de phénomènes peu clairs que tout un chacun constate dans son psychisme: à coté de phénomènes conscients et logiques, nous éprouvons des colères, des peurs inexpliquées, des sentiments dont nous constatons la présence et dont nous ne connaissons ni les tenants ni les aboutissant. Ce moi en moi qui n'est pas moi constitue une présence inquiétante: la tentation est grande de demander à ce type de connaissance spécifique qu'est la science, fondée sur la méthode expérimentale, et qui dans de si nombreux domaines a donné des résultats probants, d'investir l'objet inconscient pour en découvrir les lois de fonctionnement. Cependant la question reste posée: cet objet, l'inconscient, est-il susceptible d'une investigation scientifique, ou bien est-il par nature d'une essence telle que la science demeure face à lui impuissante et qu'il faille alors, si cela est possible, envisager un autre mode de connaissance que l'approche scientifique?

C'est ce que nous examinerons en envisageant dans un premier temps l'approche psychanalytique de l'inconscient, puis, devant les difficultés rencontrées, les résultats qu'obtiennent des sciences plus classiques comme la biologie, la neurologie, l'éthologie. Enfin nous nous demanderons si l'inconscient ne comporte pas des caractéristiques qui font que l'approche scientifique, trop réductrice, ne saurait être suffisante.

I) Oui, inconscient dynamique, Freud:

A/ la thèse:

1) Expo freudisme: inconscient objet de méthode expérimentale: travail de Freud

2) arg. 1 : les mécanismes des deux topiques expliquent le cas des patients; la validité des théories est éprouvée au cours de la thérapeutique

3) arg 2 : cette science psychologique s'avère précieuse (=confirmation) quand on dépasse simple individu. Par sublimation je rends compte des phénomènes artistiques, religieux, politique etc. ;

4) arg 3 : ce n'est pas de la philo: les incohérences reprochées montre bien qu'on est dans une science qui se coltine avec le réel expérimental tel qu'il est dans l'observation (et pas tel que la conscience s'attend à le trouver).

B / réfutation

1) résultat (efficacité) n'est jamais preuve. Une erreur peut avoir de bons résultats. Et d'ailleurs, est-ce qu'il y a des résultats chez Freud?

2) En quoi l'hypothèse chez Freud est scientifique? Suit pas la falsifiabilité, les mécanismes ne sont pas des purs mécanismes, il y a de la cause finale.

3) curieux arg 3 : c'est pas parce que c'est de la mauvaise philo que c'est de la bonne science. Voyons la bonne science

II) Oui, inconscient non freudien.. au sens de la biologie.

A/ la thèse:

1) Expo: progrès science depuis Freud: la biologie, éthologie, neurologie, science cognitive. On est plus précis, on est rentré dans le mécanisme de la « bête ».

2) arg 1 : c'est bien de la science, c'est matérialiste: passage par les instincts et l'animal.

3) arg 2 : c'est matérialiste, chimie du cerveau, substance médicamenteuse qui agissent.

4) arg 3 : c'est objectif, pur mécanisme, d'ailleurs quantifiable, expérimentable, pas cause finale.

B/ réfutation:

1) arg 3 : cause finale, cause efficiente si différent? Logiquement toute description en cause finale peut être transposée en description en cause efficiente (changement flèche du temps) Mais ce n'est pas pour cela que l'on connaît le fond de la réalité.

2) arg 1/ 2 : c'est bien matérialiste, mais sont-ce encore des pensées, n'a-t-on pas jeté le bébé avec l'eau du bain? La conscience aussi est devenue « mécanisme ». Et quid de la spécificité de la pensée?

III) Non. l'inconscient, ça pense. il s'agit des passions:

1) Expo: la passion, le phénomène inconscient est du coté de la pensée. Dualisme âme/corps type Descartes. Science = corps. Pensée = philo. Et « inconscient» bien du côté pensée.

2) arg 1 : passion objet d'une prise de conscience: cela implique maîtrise, même relative, et liberté, pas approchable par la science.

3) arg 2 : science mesure effet sur le corps. Mais le corps n'est intéressant que si effet sur l'âme, sinon l'âme bouge pas. Donc science utile pour expliquer mécanisme corps: mais s'arrête ensuite, et faut faire un traité des passions.

4) arg 3 : phénomène interprétable seulement en terme de finalité, sinon ça n'a plus de sens. C'est au fond ce qu'à bien compris Freud: on ne peut pas faire de la science « classique ». Bref, faut faire de la philo: et de la bonne, ce serait mieux.

Conclusion

Mise en garde du danger à demander tout à la science : elle a ses limites. «le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas». Il est très difficile de saisir l'inconscient et en faire une science aujourd'hui serait très hasardeux. Est-ce de toute manière souhaitable qu'un jour cela soit possible ?

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