Bergson, L'Evolution créatrice: Conscience et Inconscience

Ceci est la retranscription de ma copie manuscrite, entièrement de moi, qui m'a rapporté un joli petit 16/20. Commentaire de mon professeur: "Introduction satisfaisante.
Vous avez compris la méthode de l'explication de texte mais vous relâchez parfois votre effort d'explication (qui implique des définitions). Le texte est néanmoins bien compris et votre niveau d'expression écrite est appréciable."

Dernière mise à jour : 15/09/2021 • Proposé par: maxencedec (élève) •

Texte étudié

Mais il faut signaler ici une différence, trop peu remarquée, entre deux espèces d'inconscience, celle qui consiste en une conscience nulle et celle qui provient d'une conscience annulée. Conscience nulle et conscience annulée sont toutes deux égales a zéro ; mais le premier zéro exprime qu'il n'y a rien, le second qu'on a affaire à deux quantités égales et de sens contraire qui se compensent et se neutralisent. L'inconscience d'une pierre qui tombe est une conscience nulle : la pierre n'a aucun sentiment de sa chute. En est-il de même de l'inconscience de l'instinct dans les cas extrêmes où l'instinct est inconscient ? Quand nous accomplissons machinalement une action habituelle, quand le somnambule joue automatiquement son rêve, l'inconscience peut être absolue ; mais elle tient, cette fois, à ce que la représentation de l'acte est tenue en échec par l'exécution de l'acte lui-même, lequel est si parfaitement semblable à la représentation et s'y insère si exactement qu'aucune conscience ne peut plus déborder. La représentation est bouchée par l'action. La preuve en est que, si l'accomplissement de l'acte est arrêté ou entravé par un obstacle, la conscience peut surgir. Elle était donc là, mais neutralisée par l'action qui remplissait la représentation. L'obstacle n'a rien créé de positif ; il a simplement fait un vide, il a pratiqué un débouchage. Cette inadéquation de l'acte à la représentation est précisément ici ce que nous appelons conscience.
En approfondissant ce point, on trouverait que la conscience est la lumière immanente à la zone d'actions possibles ou d'activité virtuelle qui entoure l'action effectivement accomplie par l'être vivant. Elle signifie hésitation ou choix. Là où beaucoup d'actions également possibles se dessinent sans aucune action réelle (comme dans une délibération qui n'aboutit pas), la conscience est intense. Là où l'action réelle est la seule action possible (comme dans l'activité du genre somnambulique ou plus généralement automatique), la conscience devient nulle. Représentation et connaissance n'en existent pas moins dans ce dernier cas, s'il est avéré qu'on y trouve un ensemble de mouvements systématisés dont le dernier est déjà préformé dans le premier, et que la conscience pourra d'ailleurs en jaillir au choc d'un obstacle. De ce point de vue, on définirait la conscience de l'être vivant une différence arithmétique entre l'activité virtuelle et l'activité réelle. Elle mesure l'écart entre la représentation et l'action.

Bergson, L'Evolution créatrice (pp 144-145, PUF, coll. « Quadrige », 10e éd., 2003)

[i]Les annotations du type ((...)) correspondent à ce qui figure sur ma copie manuscrite, mais que je n'ai pu retranscrire sur cette version informatique.

Les annotations du type [[...]] correspondent aux conseils que mon professeur a pu me donner en corrigeant ma copie.

Il n'y a pas eu de corrigé-type, mais j'ai eu la meilleure note, et je pense donc que cette copie reflète assez bien la correction.[/i]

En ce début de XX° siècle, Henri Bergson concentre ses recherches sur la conscience. Après la publication, en 1889, de sa thèse intitulée "Essai sur les données immédiates de la conscience" ((à souligner)), il publie alors en 1907 "L'Evolution Créatrice" ((à souligner)), marquant en certains de ses passages la continuité avec son oeuvre de 1889, essayant cette fois-ci d'aller plus loin dans la définition de la conscience, d'approfondir ses travaux tout en essayant de surmonter la notion de dualité entre la matière et l'esprit.

Henri Bergson pose alors le problème de définir qu'est-ce que réellement la conscience?

Ainsi il pense que cette conscience tisse un lien avec l'inconscience, qu'elle résulte de l'écart entre deux fonctions parallèles et fondamentales agissant au sein-même de l'inconscience [[Formulez la thèse avec plus de précision]].
C'est ainsi que, dans l'extrait proposé, l'auteur va arriver à déterminer ce qu'est la conscience en définissant, dans une première partie, l'inconscience et son lien avec la conscience, permettant au final, dans une seconde partie, de mieux se recentrer sur la définition même de la conscience, sur sa raison d'exister.

Henri Bergson en vient d'abord à diviser l'inconscience pour mieux la cerner, et ainsi établir une approche avec la conscience.

En effet, il affirme une distinction, qu'il considère comme trop peu connue, entre une inconscience dûe à une conscience nulle, et une inconscience provenant d'une conscience annulée. Dans le premier cas, l'inconscience n'est révélée que parce que l'objet de cette inconscience n'est pas à même de pouvoir un jour exprimer sa conscience. Cet objet est voué à stagner dans cet état d'inconscience, celle-ci étant par nature nulle est irréversible. L'auteur décrit cette conscience nulle à l'aide d'un exemple: celui de la pierre qui tombe. Ce qui va distinguer la chute de la pierre avec celle d'un Homme, ou tout autre animal, c'est la notion de sentiment. En effet, une absence de ces "sentiments" empêche un objet de se délivrer de son inconscience, étant

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